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Les Croisades Fantastiques-New Roman

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MessageSujet: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Sam 3 Juin - 11:56

Ceci est le nouveau livre que j'écris pour l'expédier ensuite à 'éditeur, je précise qu'il est loin d'être fini.

Partie Une; Ressurection

Chapitre Un
Une île inconnue



Les bras robustes de plusieurs marins tirèrent la barque sur la plage de sable fin. Une fois l’embarcation bien au sec, trois silhouettes, vêtues d’un long manteau gris, capuche rabattue sur le visage, enjambèrent le rebord et se dirigèrent vers l’orée de la forêt toute proche, située à quelques dizaines de mètres à peine de là. Sans prononcer une parole, les trois compagnons s’éloignèrent à vive allure. Les marins, tout aussi muets, les suivirent un instant des yeux puis, manifestement dans l’attente de leur retour, s’assirent à même le sable. Un silence étrange régnait, troublé seulement par le ressac de l’océan et le cri strident et agaçant des mouettes. Au loin, le navire qui les avait amenés, avait jeté l’ancre. Les voiles avaient été baissées, laissant à nu les mâts décharnés, qui se détachaient, tel un squelette, sur le ciel d’un bleu désespérément métallique. Pas le moindre nuage. Seule une mince bande de brume vaporeuse noyait l’horizon lointain.
Les trois silhouettes pénétrèrent dans la forêt. La végétation, peu touffue, rendait leur avancée relativement aisée. Le vent dans les branchages faisait bruisser les feuilles et une odeur musquée montait aux narines des compagnons.
Toujours en silence, les trois personnages, progressant à pas feutrés dans la forêt, parvinrent à une petite colline qui dominait les bois. Ils en entreprirent l’ascension. Au fur et à mesure qu’ils grimpaient, la végétation se faisait de plus en plus rare. Parvenus au sommet, ils aperçurent, au centre d’un terre-plein aride, une imposante bâtisse de pierres à la façade curieusement tapissée de lierre, laissant à nu, par endroit, des pans de mur rongés par la mousse. Cette végétation envahissante contrastait avec la nudité et l’aridité des lieux où poussait seule une herbe rase et sèche.
La bâtisse présentait une façade étrangement aveugle ; aucune ouverture, à l’exception d’une porte, bien dissimulée sous une épaisse tenture de végétation. L’une des silhouettes s’approcha et sortit de sous son manteau une longue épée. Vivement, il trancha les solides ramures torses et entremêlées et dégagea la porte en bois, vermoulue par les ans.
« Vous êtes sûrs que c’est ici ? », demanda alors un des compagnons.
L’homme qui de tenait près de la porte se retourna :
« Pas ici, non, mais pour parvenir à notre but, nous devons passer par là. »
Sur ce, il ouvrit la porte…qui, tournant péniblement sur ses gonds, émit dans le profond silence un grincement lugubre. Les trois compagnons pénétrèrent dans une petite pièce carrée, sans aucun mobilier, pavée de dalles multicolores.
« Il va falloir explorer les lieux », commenta le troisième individu en se dirigeant vers un mur.
« Et que sommes-nous censés chercher ? », demanda celui qui, le premier, avait pris la parole.
« Un passage secret », grommela le troisième.
Ainsi se mirent-ils à la recherche du fameux passage. Ils sondèrent minutieusement murs et sol. Les trois compagnons pensaient avoir plus de chance de découvrir le passage au niveau du sol que le long des murs, mais estimèrent cependant préférable de tout passer au crible. L’enjeu était trop important pour laisser quoi que ce soit au hasard.
A coups de pommeau d’épée, de talons et de poings, ils explorèrent la salle. Chaque coup résonnait et se répercutait dans le silence. Malgré l’humidité des façades extérieures, l’endroit était sec. Dans leurs vêtements, les trois hommes, en sueur, commençaient à étouffer. Pourtant, indifférents à leur peine physique, ils poursuivirent minutieusement leur examen. Ils avaient du temps devant eux, du moins ici.
Soudain, la voix du second retentit, assourdie par la nudité de la pièce qui lui renvoyait son écho:
« Je crois que j’ai trouvé ! », s’exclama t-il.
Les deux autres s’approchèrent. L’homme, agenouillé près d’un angle, frappait le sol qui, à cet endroit, sonnait creux.
« Maintenant, il s’agit de réussir à ouvrir. Peut-être devrions-nous creuser ? », demanda t-il.
« Je doute qu’il y ait un automatisme » songea tout haut le premier. « Reculez ! »
Ses deux compagnons obtempérèrent. Alors l’homme, tendant les bras devant lui, se mit à les agiter en formant des cercles et en psalmodiant une formule. L’air autour d’eux commença à onduler. La salle devint floue. Impassible, le premier continua son sort. Cette fois, l’air devint palpable et lourd. Un halo vert se forma, grandit et finit par occuper tout l’espace. Les deux autres individus n’osèrent bouger ni prononcer une parole afin de ne pas rompre la magie.
Alors, le sol se déroba devant les pieds du premier.
Aussitôt, l’homme cessa ses psalmodies. Les phénomènes mystérieux disparurent et tout, autour d’eux, redevint normal. Les deux compagnons s’approchèrent du trou. Une dalle avait pivoté. La cavité ne paraissait pas profonde. Cependant, le premier compagnon prit la précaution d’y jeter un caillou. Le résultat ne se fit pas attendre : ils perçurent très vite le bruit mat de la pierre heurtant le sol.
« Effectivement, le trou ne paraît profond », fit le second, songeur. « Qui s’y aventure en premier ? »
« Celui qui vient d’en faire la proposition », répondit le troisième.
Le concerné haussa les épaules et se dirigea vers la cavité puis sauta à l’intérieur.
« Il faudrait que l’un d’entre nous reste en haut pour nous aider à remonter », fit l’homme, après s’être réceptionné sur ses deux pieds, sans difficulté, « c’est quand même assez bas ! »
« Pas la peine, je doute que nous ressortions par ici », rétorqua le premier en s’aventurant à son tour dans le passage.
Le troisième l’imita en silence.
Un tunnel s’étendait devant eux. Les trois hommes pouvaient se tenir côte à côte sans problème. Face à eux, un rectangle de lumière éclairait le chemin. Précautionneusement, les trois compagnons avancèrent.
Ils atteignirent rapidement l’endroit d’où provenait la lumière. A cet instant, le second ralentit brusquement.
« Etrange que nous ne soyons pas tombés sur des pièges », déclara t-il.
« Pour découvrir le passage et parvenir jusqu’ici, encore fallait-il posséder des pouvoirs et savoir s’en servir à bon escient, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Et puis, qui connaît ce lieu ? Qui connaît l’existence de ce passage ? Seul des initiés comme nous pouvaient s’aventurer ici. Et quand bien même quelqu’un serait parvenu à l’île et aurait découvert le bâtiment, il en serait bien vite reparti, le trouvant vide et abandonné. Ceux qui ont conçu ce passage secret n’ont pas jugé utile, dans ces conditions, de s’embarrasser de mesures de précaution supplémentaires. Je concède tout de même qu’ils ont fait preuve d’une certaine imprudence, d’un certain manque de réflexion … mais de cela, nous ne saurions nous plaindre », répliqua en souriant le premier
Le second hocha la tête et s’approcha de la lumière.
Il ne s’agissait pas, à proprement parler, de lumière mais d’une sorte de liquide blanchâtre qui se mouvait, ondulait, formant des cercles et des remous.
« Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je me méfie », fit le second.
« Ne crains rien. Personnellement, je pense qu’il s’agit là d’une sorte de porte. »
Il plaqua sa main sur l’espèce de liquide. Son bras s’enfonça et d’un pas résolu, il avança et disparut, absorbé par le flot.
« Bon. Et bien, en avant », déclara le second.
Les deux autres hommes pénétrèrent dans le liquide.

Ils se retrouvèrent en haut d’un escalier monumental. Le ciel était rouge, strié de lourds nuages noirs et gris. Où qu’ils portassent leur regard, ils ne voyaient qu’une vaste plaine à perte de vue. Songeur, le premier commença à descendre les marches. Aucun signe de vie : cela l’intriguait sérieusement. Ils n’étaient manifestement plus sur l’île et cela aussi l’intriguait. Où pouvaient-ils donc bien se trouver? Il leva les yeux vers le ciel et, dubitatif, hocha la tête de droite à gauche.
Au loin, vers l’horizon, deux lunes rondes et blanches se détachaient, presque diaphanes, sur le ciel tourmenté. L’homme se tourna vers ses compagnons qui paraissaient tout aussi perplexes et déroutés que lui et leur fit signe de les rejoindre.
Ils continuèrent tous trois de descendre les marches. La couleur de la plaine leur paraissait, au fur et à mesure qu’ils s’en rapprochaient, de plus en plus étrange. Ni verte, ni bleue, ni grise mais de toutes ces nuances à la fois.
« Serions-nous parvenus dans un endroit maudit ? », demanda le troisième.
« Je ne pense pas que nous soyons chez nous. Je veux dire, dans notre monde » fit le premier.
Le second avait dégainé son épée et examinait les alentours.
« Cet endroit ne me plait pas », annonça-t-il.
« Tu es trop alarmiste », fit le troisième.
Cependant, un certain trouble commençait à s’insinuer dans l’esprit du premier. Lui aussi sortit son arme, mais la laissa baissée.
« Je suppose que nous allons nous y engager? », demanda le troisième.
En guise de réponse, le premier avança et s’enfonça dans les hautes herbes. Celles-ci leur arrivaient aux genoux. Pas le moindre vent, pas la moindre bise n’agitait les tiges qui se couchaient sous les bottes des compagnons, laissant derrière eux un sillage bien visible
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Sam 3 Juin - 11:58

Chapitre Deux

Fortification



« Regardez », souffla le premier.
Les compagnons s’immobilisèrent brusquement. De là où ils se tenaient, ils apercevaient, bien qu’encore lointaines, de hautes murailles barrant l’horizon. Jamais ils n’avaient vu pareille enceinte, aussi impressionnante et de telles dimensions. Ils n’auraient même jamais pu l’imaginer…
Ils reprirent leur progression, toujours aussi stupéfiés par la vision majestueuse. Plus ils en approchaient, plus ils se sentaient minuscules face à l’imposante silhouette de pierre, la sensation d’une fourmi face à un homme.
« Je ne vois pas de porte », fit le troisième.
De fait, aucune porte n’était apparente. Rien que de hauts murs, parfaitement lisses, qui donnaient le vertige lorsqu’on levait le regard vers le sommet. Tous les dix mètres environ se dressait une tour au sommet pointu. Les compagnons n’apercevaient toujours ni porte ni sentinelle. Comme si l’endroit était abandonné ou désert.
« Cela ressemble à un Krak », déclara le premier.
« Mais en plus impressionnant », fit le second.
Le troisième se contenta d’opiner du chef. Les deux hommes qui avaient dégainé, rengainèrent alors et tous trois se rapprochèrent de la forteresse.
« Pas de douve ou de fossé » commenta tout haut le premier, plus pour lui-même que pour ses compagnons auxquels cette particularité n’avait pu échapper.
« Les murs ne présentent ni lézardes ni fissures. Aucune végétation, aucune plante sauvage ou mauvaise herbe ne les a envahis … », constata, non sans perspicacité, le second, « à mon avis, si elle a été abandonnée, elle l’a été récemment. »
Se tenant tout de même sur leurs gardes, ils commencèrent à longer l’enceinte, tout en continuant à l’examiner et tentant d’apercevoir des silhouettes tout en haut, sur les remparts. Nul doute que si des soldats montaient la garde, ils n’avaient pu manquer de les apercevoir. Mais personne ne se manifestait. Par peur ? Cela était peu plausible : trois individus ne peuvent constituer une réelle menace face à une telle forteresse ! Evidemment, rien n’exclut qu’un guetteur, apercevant trois silhouettes vêtues de noir, aurait pu trouver cela étrange, le présage d’un danger imminent. Mais l’hypothèse la plus simple et la plus vraisemblable est que la forteresse était déserte.
« On pourrait crier pour se signaler » lança alors le second.
« Je doute qu’il y ait quelqu’un en vie là-derrière » fit alors le troisième. « En tout cas, ce n’est pas ce que nous recherchons ! »
« Quoi qu’il en soit, nous devons entrer et peut être trouverons-nous un indice de ce que nous cherchons », répondit le premier.
« Mais comment entrer ? », soupira le second.
Une heure plus tard, alors qu’ils commençaient à désespérer, ils finirent par découvrir une sorte de passage, pas une porte mais une grille conduisant à un tunnel. Les égouts, sans aucun doute. Cependant il n’y avait ni odeur nauséabonde ni liquide brunâtre, épais et nauséeux. Pas de rats non plus, pourtant familiers de ce genre de lieux. En tout cas, la grille, en piteux état et apparemment mal entretenue, ce qui paraissait pour le moins étrange en ce lieu, semblait vétuste.
Deux coups de bottes suffirent à la briser. Courbés, les trois compagnons pénétrèrent dans le tunnel qui paraissait remonter quelques mètres plus loin.
« Non seulement les murs sont hauts, mais en plus d’une formidable épaisseur », commenta le troisième, « j’ai l’impression que ceux qui vivaient ici craignaient des attaques…Défendue par une garnison, ce devait alors être une forteresse imprenable… »
« D’où visiblement on ne peut ressortir », railla le second.
Le sol était sec et même craquelé d’après ce que le premier, à quatre pattes, ressentit à travers ses gants. Il en conclut que personne n’avait dû utiliser ce tunnel depuis un bon bout de temps.
Puis il se rendit compte que la galerie remontait. Levant les yeux, il aperçut une bouche laissant, à travers des trous, percer une lumière blanche. Lorsqu’il l’atteignit, il la poussa. Celle-ci, dans un grincement, racla lourdement à terre mais s’ouvrit. Le premier déboucha à l’air libre, mais à l’intérieur de l’enceinte. Il se releva et ce qu’il vit le statufia sur place.
C’était une ville, une ville extraordinairement étendue. Plus étendue que toutes celles qu’il avait vues jusque là. Mais, tout compte fait, rien d’étonnant à cela, étant donné la longueur de la muraille. Tout y était démesuré : les rues larges, mais vides, les habitations monumentales, à plusieurs étages, aux murs décorés de balcons en fer forgé aux rambardes pansues. Mais les fenêtres avaient perdu leurs vitres, tout était couleur de sable et la poussière s’accumulait sur les vastes trottoirs. Il y régnait une atmosphère étrange de désolation, l’atmosphère d’une ville abandonnée après une catastrophe. Cette sensation était d’autant plus oppressante que la ville, malgré ses ravages, donnait l’impression d’avoir connu jadis, dans un passé peut-être pas si lointain, une certaine opulence.
Ses deux compagnons furent autant ébahis que lui. Une fois revenus de leur étonnement, ils se concertèrent :
« Il y a forcément quelque part un palais, une demeure où auraient vécu le gouverneur des lieux, les dignitaires, leurs familles », commença le premier.
« Cette ville a l’air déserte, mais sa taille laisse supposer qu’une population très importante devait y vivre autrefois », rétorqua le second. « Comment trouver ce palais, cette demeure ? ! »
« Le mieux serait d’accéder à un de ces toits pour avoir une vue plus étendue sur la ville», suggéra le troisième.
Les deux autres acquiescèrent. D’un pas décidé, le troisième se dirigea vers un bâtiment. L’entrée était fermée par une porte en bois…en assez bon état. Il appuya sur la poignée qui n’opposa aucune résistance. La porte s’ouvrit sans le moindre grincement. L’un après l’autre, tous trois entrèrent.
Elle donnait sur un couloir étroit. De chaque côté, étaient alignées des portes en bois numérotées. A l’autre extrémité, faisant face à la porte d’entrée, un escalier en colimaçon.
« J’aimerais bien visiter un de ces appartements », lança, désinvolte, le second.
« Pas le temps, nous sommes là dans un but bien précis », fit le troisième, « pour la visite, nous verrons plus tard »
Ils empruntèrent donc l’escalier qui semblait ne jamais avoir de fin. Essoufflés, ils parvinrent au dernier étage mais n’y trouvèrent aucune issue, aucune trappe donnant accès au toit.
« Allons sur un balcon » proposa le premier. « Mes jambes ne me portent plus.»
De fait, cette ascension avait exténué les trois hommes. Au jugé, ils avaient dû gravir une trentaine d’étages.
« Tu voulais explorer un appartement ? » fit le premier « Et bien, tu vas être servi »
Et il poussa la porte. Cette fois encore, elle s’ouvrit sans un bruit. Le second eut l’air déçu. Il entra, presque courbé. Devant lui : un lit en bois, sans matelas, un tapis poussiéreux, une commode, une table de chevet, ameublement plus que sommaire. A droite, une pièce donnait accès à une cuisine, meublée d’une simple table en bois et de deux chaises. Pas un ustensile, aucune vaisselle, sauf une vieille casserole rouillée. Pas trace de nourriture. Ils ne s’attardèrent pas dans l’appartement, préférant gagner le balcon.
Ils eurent le souffle coupé : la vue dominante était époustouflante. Le vertige gagna les trois compagnons. Devant eux, à perte de vue, se dressaient des tours et des bâtiments, aux toits pointus ou en terrasses.
« Et comment reconnaître le palais que nous cherchons ? », demanda le troisième.
« Je pense savoir », fit le premier en désignant une construction au loin.
Une immense coupole de verre, soutenue par une puissante armature d’acier, coiffait un bâtiment plus long et plus élevé que les autres.
« Et bien allons-y », soupira le second
« Je commence à douter que nous trouvions ce que nous cherchons », maugréa le troisième.
« Je pense plutôt que nous approchons du but », fit le premier en tournant le dos à la cité.
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Peter von Nebelheim
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Lun 5 Juin - 19:29

Que dire... Mon bon Archi, tu me sidère! Sans cette médiocre qualité de lecture inhérente à tout écran qui se respecte, je me serai cru dans le premier chapitre d'un volume (que j'espère épais) de SF...
Tout y est, l'ambiance, les personnages, les décors... Juste un regret sur le flou artistique que tu laisses planer sur le pourquoi du comment, mais tu comprendras qu'il m'est impossible de tourner la page...
Voilà, je regrette juste que noir sur blanc sur un écran, ça bousille les yeux, et j'attends, j'attends...

Peter von Nebelheim, "sans blague"
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sephiroth




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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mar 6 Juin - 0:24

tout a fais d'accord avec Peter... C'est une histoire digne d'étre écrite sur papier... en éspéran qu'il y est une suite prochainement pour avoir de quoi mendormir...
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Firiond




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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mar 6 Juin - 12:17

vraiment archi tes talents d'ecrivain sont dignes des plus grands.
c'est deux chapitres sont tout simplement exelent ,bien ecrit avec des bonnes description (bien que ,a mon avis il en manque un peu ) et un bon style ,quoique legerement en retrait par rapport a ton premier bouquin .
en tout cas bravo .

et juste comme ça ,il en est où le premier livre que tu as envoyé ?
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mer 7 Juin - 11:26

Chapitre Trois
Près du but


« Je n’aurais jamais cru marcher un jour aussi longtemps dans une ville sans âme », grommela le troisième.
« Le silence m’oppresse », renchérit le second.
Le premier, sans dire un mot, continua à se diriger droit devant lui. Les rues, malgré le sable ocre qui les recouvrait, étaient propres : pas le moindre immondice, pas le plus petit détritus. Rien ne bougeait, non plus. C’était une forteresse fantôme. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser les habitants à abandonner un tel lieu ? De plus, il avait l’impression que le temps s’était figé. Le ciel était toujours aussi rouge que quelques instants plus tôt, et les nuages, qu’aucun souffle d’air ne déplaçait, stagnaient immuablement au-dessus de leurs têtes.
« Aucun être vivant, humain ou animal, aucun cadavre non plus, aucune trace de vie », reprit le second.
« En quittant les lieux, ils ont dû emporter avec eux tout ce qu’ils pouvaient », fit le premier.
« L’ampleur de la ville, sa conception, son architecture grandiose ne peuvent qu’être le fait d’un peuple plus avancé que nous » fit le second.
« Plus avancé certes, mais qui pourtant a déserté le lieu. Décidément, je n’arrive pas à en saisir la raison. Une attaque ? Un danger imminent ? La forteresse semble imprenable ; d’ailleurs, on ne trouve nulle part, trace de combats et la ville ne semble pas avoir été désertée dans la précipitation. La menace d’une famine ? A priori, la population ne risquait pas de souffrir de disette. Les champs de l’autre côté sont suffisamment vastes pour y cultiver blé, maïs, céréales et autres produits de la terre en quantité suffisante pour nourrir la cité entière. Non, il doit y avoir une autre raison», reprit dubitatif le premier.
« Oui, pourquoi sont-ils partis ? », poursuivit le troisième, « peut-être le saura-t-on bientôt. Quoi qu’il en soit, notre objectif n’est pas de découvrir ce qui s’est passé ici! »
Le premier acquiesça d’un hochement de tête.
Alors qu’ils cheminaient, perdus dans leurs pensées, le palais apparut brusquement devant eux. Des escaliers en marbre menaient à une immense porte cintrée à double vantaux, sculptée d’armoiries inconnues des trois compagnons. Les voussures et les piliers latéraux de la porte étaient sculptées de motifs anthropomorphiques, grotesques ricanants et autres monstres. De la corniche supérieure de la façade saillaient des gargouilles grimaçantes qui narguaient les passants.
« Je pense que le Mal est passé par ici », grommela le troisième.
Deux compagnons grimpèrent les marches et poussèrent les battants. Verrouillés. Le premier recula :
«Nous allons devoir, encore une fois, avoir recours à la magie », fit-il.
Sur ce, il étendit les bras devant lui, joignant les mains, comme s’il priait les bras tendus, et marmonna quelques mots incompréhensibles. Aussitôt, une vague de froid les enveloppa tous trois puis un souffle violent alla heurter la porte de plein fouet. Les battants, projetés vers l’intérieur, volèrent en éclats : la voie était libre.
Le premier, exténué, tomba à genoux. Le second l’aida à se relever.
« Bon sang, on dirait qu’ici, les sorts se heurtent à une forte résistance. »
Les deux autres opinèrent.
Ils pénétrèrent dans un vaste hall au faste tapageur et ostentatoire: sol couvert de dalles d’un beau marbre blanc veiné de gris et, par endroits, de tapis de soie chatoyants aux nuances changeantes, murs décorés de tapisseries mille fleurs et miroirs dans lesquels devaient se refléter, lorsque le palais était encore habité, les flammes des riches chandeliers en or posés sur des consoles aux pieds contournés, marquetées de bois précieux. Au fond, un escalier à double révolution menait à l’étage.
Comme mû par un instinct, le premier, suivi de ses compagnons, se dirigea vers les escaliers. A l’étage, ils trouvèrent un couloir orné de tableaux représentant des scènes de chasse et sur lequel s’ouvraient, de part et d’autre, des portes qu’il ignora pour continuer son chemin. Il parvint à un second escalier qu’il emprunta.
Suivant toujours son instinct, il guida ses compagnons à travers les étages et les salles, un véritable labyrinthe. Comme si une force secrète et irrésistible le poussait en avant, le dirigeait. Il n’était jamais venu en ces lieux, il ne savait pas où il allait et pourtant il avançait sans aucune hésitation, parcourant des couloirs dallés de marbre, comme le hall d’entrée, et par endroits recouverts, comme lui, de tapis de soie. Portraits et tableaux représentant des scènes de batailles, peut-être les portraits et les exploits guerriers des habitants des lieux, ornaient les murs. Près de chaque porte, sur une console murale, des chandeliers en or à trois branches dont les bougies paraissaient neuves.
Les pièces qu’ils traversaient étaient toutes vastes et spacieuses. L’une d’elles était meublée, en son centre, d’une très longue table en bois, encadrée, de part et d’autre, de bancs en cuir. Le long des murs, des armures scintillaient, sans une once de poussière. Dans la salle suivante, fauteuils et canapés, également en cuir, formaient une sorte de cercle. Sans doute une salle d’accueil ou de réunion. Les armoires en bois massif étaient vides, de même que les étagères qui couraient le long des murs. Cependant, là encore, aucune poussière.
Ils montèrent encore trois étages puis empruntèrent une rampe assez raide s’élevant en colimaçon vers l’étage supérieur. Ils y parvinrent, essoufflés, et aperçurent, à l’autre extrémité, une sorte de portail en fer forgé vers lequel ils se dirigèrent, après avoir repris leur souffle.
Le portail était entrouvert. Ils le poussèrent.
Ils se retrouvèrent alors sous le fameux dôme qu’ils avaient aperçu de loin. A leur plus grande surprise, ils constatèrent que la coupole formait une sorte d’immense serre sous laquelle poussait une végétation luxuriante et exotique. Ils pénétrèrent dans cette forêt où la main de l’homme, qui l’avait pourtant créée, avait su se faire discrète et humble devant la nature. Des sentiers caillouteux serpentaient à travers arbres et buissons aux essences et formes variées. Couleurs et senteurs se mêlaient agréablement, réjouissant les sens. Des cascades chantantes jaillissaient de rochers, que l’on aurait cru posés là depuis la nuit des temps. Au détour des allées, à l’abri des feuillages, de superbes statues de marbre blanc : Vénus aux rondeurs sensuelles, angelots potelés et rieurs, guerriers arborant fièrement arcs et javelots. Un véritable enchantement, un paradis sur terre.
Mais il ne s’agissait pas de perdre du temps à flâner.
Après une marche d’environ une demie-heure, d’après l’estimation du premier compagnon, ils atteignirent une sorte de bâtiment, en bois cette fois, au centre même du dôme. Il poussa la porte sans aucune hésitation et entra.
Une trappe était ouverte à même le sol. Sans même jeter le moindre regard autour de lui, le premier descendit. Etonnés, les deux autres se dévisagèrent brièvement avant de le suivre. Le second, qui avait avisé un bâton sur une table, le prit à tout hasard.
Et il avait eu raison. En bas, c’était le noir le plus complet. D’une simple formule magique, le second embrasa le bâton pour en faire une torche et la tendit au premier.
Les compagnons avancèrent dans un couloir apparemment taillé dans de la pierre. De temps en temps, ils apercevaient des torches fixées au mur mais le premier estima préférable de ne pas les allumer.
Ils atteignirent un rideau en parfait état. D’un revers de la main, le premier le poussa et éteignit la torche improvisée : des dizaines de chandeliers éclairaient la pièce dans laquelle ils venaient de pénétrer.
La salle, véritable capharnaüm, était meublée de tables, poufs, chaises, fauteuils et canapés en grand nombre et le sol recouvert de tapis bariolés. Au loin, de dos, assise sur un tabouret, et faisant face à un miroir, une silhouette dont les longs cheveux gris cascadaient sur les épaules.
« Bienvenue, chevaliers », fit-elle alors, « je ne vous attendais plus. »
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Solmyr




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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Jeu 8 Juin - 13:14

héhé ^^ excellent

De belles descriptions, un rythme, bien que calme, soutenu et fluide. Un ptit suspens à la fin et une énigme énorme que celle de cette ville fantôme :lol:

que dire de plus, ben on sent bien l'atmosphère malgré une ou deux répétitions ^^

Par contre un chevalie qui fait de la magie :/ :heart:
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Lun 12 Juin - 17:13

Chapitre Quatre
L’Ombre du Mal


Les trois compagnons s’immobilisèrent sur le seuil. La silhouette se tourna vers eux et se leva. Elle était grande, le visage couvert de rides et de cicatrices. Une longue robe tombait jusqu’à ses pieds qu’elle dissimulait. Un pendentif en or oscillait sur sa poitrine.
« Asseyez-vous Maître Flavius, Maître Casper , Maître Cortez. »
Surpris, les trois hommes se regardèrent. Ensemble et d’un même geste, ils rejetèrent leur capuche en arrière, dévoilant leurs traits.
« Comment nous connaissez-vous ? », demanda le premier, celui qui se nommait Cortez.
La femme, car c’en était, une, leur désigna de la main les fauteuils :
« Cela n’a aucune importance. Vous dirigez l’Ordre du Temple, Maître Cortez. Quant à vous, Maître Flavius, vous appartenez à l’Ordre des Hospitaliers, et vous, Maître Casper, à celui des chevaliers teutoniques. Vous vous êtes retrouvés pour accomplir une quête spécifique. Par delà le temps et les dimensions, vous êtes prêts à tout pour y parvenir. »
Elle se dirigea vers une commode, l’ouvrit, en sortit trois verres et une bouteille rempli d’un breuvage rouge :
« Voulez-vous du vin ? »
Voyant leur étonnement, elle sourit :
« Le temps ici n’existe pas, enfin, n’existe plus…le vin garde en permanence toute sa saveur…et sa fraîcheur…mais jugez plutôt par vous-même… »
Elle remplit les verres et les tendit au trois hommes qui les prirent, non sans crainte et suspicion. La femme reprit sa place sur le tabouret.
« Le temps presse, messieurs. Pour ressusciter les Douze, il va vous falloir beaucoup de force…physique et mentale. Cela n’ira pas sans risques. Cependant, le Mal arrive. Il s’insinue un peu partout. Son ombre s’étend déjà sur certaines planètes…Le Mal est déjà passé par mon monde. »
« Que s’est-il passé ? », s’enquit le second, celui que la femme avait désigné du nom de Maître Flavius.
Elle le dévisagea puis son regard se perdit dans le lointain.
« Nous avions construit ces murailles pour empêcher les ennemis de notre peuple de nous attaquer et cela a fonctionné pendant des siècles…et puis le Mal est arrivé, détruisant toute vie…Des…monstres, jaillis du néant, nous ont attaqués…décimant la population…les réduisant en charpie…puis lorsque le Mal fut assuré d’avoir détruit tout être vivant, humain aussi bien qu’animal, sur mon monde, il est reparti. »
Cortez leva le doigt.
« Désolé de vous interrompre, madame, mais vous aviez dit que les monstres avaient réduit votre population en charpie…Cela signifie donc, passez-moi les termes, démembrement, déchiquetage…bref, du sang…Or, en arrivant ici, nous n’en avons pas vu la moindre trace… »
La femme sourit. Mais d’un sourire triste et désabusé :
« Le Mal a aspiré les cadavres en lui-même. Mais si vous aviez assisté à la bataille… une véritable boucherie…et le peu d’ennemis que nous réussissions à tuer, disparaissaient aussitôt ! »
« Comment avez-vous échappé au Mal ? », demanda Casper resté jusque là silencieux.
« Comme chaque monde, nous possédons des sorciers. Leur dernier acte fut de créer un bouclier puissant permettant de rendre invisible l’un des nôtres…moi en l’occurrence. Pourquoi moi, me demanderez-vous ? Je ne le sais point. Je ne suis qu’une sorcière. »
Elle se tut, plongée dans ses souvenirs. Les trois hommes se dévisagèrent :
« Puisque vous savez pourquoi nous sommes ici », reprit Flavius, « pourriez-vous nous aider ? »
Elle leva les yeux. Des flammes y dansaient :
« Certainement. »
« Donc, nous ferions mieux d’y aller » fit Cortez en se levant.
« Vous d’abord. Je vous rejoindrai quand paraîtra la pleine lune…J’ai encore quelque chose à faire ici… »
Cortez ouvrit la bouche pour parler mais il n’en eut pas le temps : l’air s’agita devant eux, la salle devint floue…
Et ils se retrouvèrent à l’orée de la forêt, en direction de la mer. Les marins les observaient. Cortez cligna des yeux plusieurs fois.
Il se tourna vers la forêt, puis haussa les épaules. La magie était omniprésente. Il était certain que plus jamais, ni lui ni ses compagnons, ne pourraient retourner dans cet autre monde. Ils ne savaient même pas comment s’appelait cette étrange femme !
D’un pas rapide, Cortez se dirigea vers la barque. Peu de temps après, ses compagnons lui emboîtèrent le pas.
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Firiond




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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Jeu 15 Juin - 23:23

la suite ,la suite!!!
ça commence a devenir interressant ,l'histoire commence a se mettre en place ,et on a envie de continuer .il y a de belle description ,le rythme de l'exploration de la ville est bon ,comme l'a fait remarqué slomyr ,ça ne a pas trop vite ,mais on ne s'ennuye pas non plus ,en gros c'est genial .L'apparition de la femme arrive au bon moment ,ça surprend un peu .
par contre tu utilise trop les termes "premier" "second" troisieme" ;c'est un peu lourd et ça ralenti ton texte ,a force de les répéter.

bon ,viiiiite la suite^^
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mar 20 Juin - 12:30

donc la suite

Chapitre Cinq
A bord du Redoutable


« Alors ? », lança aussitôt un homme de haute stature, aux longs cheveux blonds volant au vent et à la barbe épaisse. Il portait, au-dessus d’une armure entière, une tunique noire, brodée, en son centre, d’une croix au fil d’or. Ses yeux bleus se posèrent tour à tour sur les trois compagnons.
Assis sur un banc en bois et savourant un repas que leur avait préparé le talentueux cuisinier de bord, les trois hommes s’observèrent. Agitant sa fourchette, tout en poursuivant son repas, Cortez commença à narrer leur aventure.
Devant lui, adossé sur sa chaise, bras croisés sur la poitrine, le barbu écoutait attentivement.
Lorsque le Templier eut fini de conter leur histoire, le Grand Maître Sirius se pencha en avant :
« Cela est donc possible. »
« Tout à fait », fit Cortez, « nous devons juste désormais nous rendre sur les lieux où nous pourrons les ressusciter. »
« Reste à savoir comment les convaincre de nous aider », fit sombrement Flavius.
« C’est simple », intervint Sirius, « ils n’auront pas le choix. »
« Le Mal, en effet, mais il n’y a pas que ça, n’est-ce pas ? », demanda Cortez.
Le Grand Maître acquiesça implicitement d’un hochement de tête :
« Vous le saurez quand le temps sera venu. Nous nous dirigeons actuellement vers l’île de Némésis. Lieu du rendez-vous…j’espère que votre… sorcière sera présente ! »
Les trois hommes opinèrent. Ils achevèrent le repas en silence. Tout en faisant tourner son verre de vin dans les mains, Cortez repensa à celui que leur avait offert la sorcière. Même goût presque, et tout aussi frais.
« Ce Mal à l’air redoutable », fit Sirius en rompant le silence.
« Est-ce que nos hommes sont prêts ? Je préfère ne pas me poser la question », avoua Casper, « ils n’auront, de toute façon, jamais mené un combat aussi terrible ! »
Sirius opina. Il tapota la table de sa main gantée.
« Vous avez déjà tué des hérétiques, des mutants…bah !, Nous verrons bien. Si la sorcière a dit que son peuple était parvenu à tuer quelques créatures, nous le pourrons, nous aussi ! »
« Visiblement ce Mal s’attaque à tous les mondes », déclara Cortez, « il faut donc l’éradiquer sur tous. Cela signifie découvrir sa source et la neutraliser à la base. »
« Ce qui sera très difficile. D’où l’aide des Douze », annonça calmement Sirius.
Puis l’homme se leva. Il mesurait une bonne tête de plus que les trois compagnons, sensiblement de la même taille.
Ils le regardèrent sortir sur le pont, puis Flavius se tourna vers Cortez :
« J’espère que nous avons les bonnes formules », fit-il.
Casper répondit à sa place :
«Ne t’inquiète pas. J’espère seulement que nos compagnons ont cerné le terrain afin d’éviter que les curieux ne nous gênent ! »
Les deux autres hochèrent la tête. Cortez prit une gorgée et reposa le verre sur la table.
« Il va nous falloir toutes nos forces. Je sens que cela va être difficile et périlleux. »
« Du moment que personne ne nous gêne … », fit Casper en finissant son verre de vin.
Cortez se leva et se dirigea vers le pont. D’un regard circulaire, il constata que le navire filait rapidement vers sa destination. Les marins couraient ici et là. Les voiles claquaient au vent. Il croisa plusieurs soldats de son Ordre qui le saluèrent courtoisement, puis monta à une échelle et se retrouva près du timonier. L’homme à la barre, concentré, mastiquait un morceau de bois. A sa gauche, un petit homme chauve grimaçait. En voyant le chevalier, il se dirigea vers lui en claudiquant.
« On va tomber sur un grain…un satané grain, je dirais... »
Sur ce, il se tourna et désigna du doigt de gros nuages noirs qui s’amoncelaient au loin.
« D’où le vent qui commence à souffler », acheva-t-il, « va falloir se cramponner ! »
Cortez comprit. Sirius aboyait déjà des ordres et le capitaine du navire également. Le Redoutable était l’un des plus gros et des plus résistants de tous les navires. Rien d’étonnant à cela : c’était le navire le plus récent, sorti des cales, un an auparavant, seulement.
Le chevalier donna ses propres ordres à ses hommes, puis regagna la salle où ses deux compagnons achevaient leur repas. Il leur expliqua la situation et les deux jaillirent sur le ponton…pour distribuer à leur tour leurs commandements.
Puis ils rejoignirent Cortez dans leur cabine. Il y avait quatre couchettes, mais trois seulement étaient occupées. Sirius préférait loger plus loin, près de la cabine du capitaine.
Le navire tanguait de plus en plus. La houle le soulevait et le faisait retomber lourdement. Mais aucun des trois hommes ne paraissait s’en soucier. Leur préoccupation était ailleurs : leur regard fixait un coffre en bois qu’aucun n’osait ouvrir.
« J’espère que nous avons tout », souffla Casper.
« Je l’espère aussi, mais nous avons vérifié à plusieurs reprises et tout y est. »
Toutefois, Flavius se leva de sa couchette et se dirigea vers le coffre. Il vérifia qu’il était bien arrimé puis alla se coucher.
« Il a raison », fit Cortez en souriant « tentons de nous reposer malgré ce fichu temps ! »
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Dim 25 Juin - 14:55

chapitre Six
Némésis -île




L’île de Némésis comptait quelques centaines de milliers d’habitants. Le tout, sous la vigilance particulière du Maître, Jacques de Clivert. Celui-ci attendait patiemment que le navire Redoutable s’amarrât. Vêtu de sa tunique rouge à croix blanche, il patienta encore quelques minutes, le temps que les cordes fussent attachées à des bites d’amarrage et qu’une passerelle rejoignît le quai de pierre. Aussitôt, quatre individus descendirent pour se porter directement à la rencontre de Jacques. Ils se saluèrent mutuellement. Tous se connaissaient.
Sirius se tourna alors vers le capitaine qui descendait à son tour, suivi de deux marins à l’allure de géants. Il leur donna des ordres, puis rejoignit ses compagnons qui se dirigeaient déjà vers le port.
De là, traversant le port, ils prirent le chemin menant à une colline. Des déchets s’entassaient au coin des ruelles, des chats squelettiques traînaient à leur suite de gros rats aux yeux venimeux, des chiens tout aussi pitoyables grognaient et montraient des crocs, peu convaincants, à l’encontre de tout individu qui s’approchait d’eux. Pourtant, les gens qu’ils croisaient vaquaient normalement à leurs occupations, comme si de rien n’était, indifférents, semble-t-il, à cette misère, à cette saleté. Des patrouilles, appartenant à l’Ordre de Jacques, sillonnaient les rues bordées de maisons à plusieurs étages, construites en pierres. Sur les trottoirs, en plein air, les étals des vendeurs ambulants proposaient leurs marchandises aux passants. Charrettes et chariots étaient garés le long des rues. Des chevaux allaient et venaient sous la direction de lads, de cavaliers ou d’écuyers. Parfois un carrosse passait, auquel, sur les injonctions que deux chevaliers redoutablement armés hurlaient à l’avant des véhicules, la foule laissait place. A pieds, ils se dirigèrent vers le sommet de la colline. Plus ils avançaient, plus la foule se faisait dense, formant de nombreux attroupements.
« Satanées rumeurs », grimaça Sirius, « qu’avez-vous donc fait, monsieur de Clivert ? »
« Rien, messire, mais vous connaissez les soldats…quand ils boivent, ils ont tendance à s’épancher un peu trop facilement…et je ne peux les cloîtrer dans nos casernes à longueur de journées…je risquerais une émeute. En attendant, ils ne verront rien de ce qui se déroulera…ou du moins très peu ! »
« Votre sorcière a bien dit « à la pleine lune » ? » s’enquit alors Sirius auprès des trois autres compagnons qui marchaient en silence.
« C’est cela même » approuva Flavius.
Ils étaient parvenus à surmonter la tempête, tant bien que mal, et n’avaient eu à déplorer que la perte de dix marins. Un exploit face à un tel déchaînement des forces de la nature. Cependant, Casper paraissait malade. Il était pâle.
« Et la pleine lune a lieu dans combien de temps ? », interrogea une nouvelle fois le Grand Maître en se tournant vers Jacques.
L’homme haussa les épaules.
« Dans deux, trois jours, tout au plus. Nous avons réservé une maison près du terrain…c’est là que nous dormirons. Ainsi, dès qu’apparaîtra la pleine lune, nous serons prêts ! »
Des cris fusèrent dans leur dos. Les cinq compagnons pivotèrent. Le capitaine aboyait des ordres aux deux marins qui transportaient le fameux en bois. Sous le poids du fardeau, les deux hommes ahanaient, pliés en deux. Pour son contenu, il était plutôt lourd, sans doute à cause de l’armature. Le capitaine fit signe à un chariot attelé à des chevaux puis, au cocher, désigna la colline. L’homme parut hésiter, puis accepta.
« Bon nous avons pour l’instant la situation bien en mains ! », annonça sombrement Sirius.
De fait, en même temps que le chariot s’éloignait, les chevaliers, qui étaient restés à bord du navire, en descendirent et se dispersèrent dans les tavernes, les auberges et les maisons closes.
« … Enfin presque », railla Cortez.
Ils durent bientôt se frayer un chemin à coup de coudes, à travers la masse des villageois agglutinés au pied et sur les pentes de la colline. Un capitaine dut apercevoir les compagnons car il lança un ordre et aussitôt, des hallebardiers pénétrèrent dans la foule compacte et la repoussa de manière à dégager une allée. Jacques présenta le capitaine.
« Il est chargé de faire rempart à cette foule », fit-il, « il a du mal d’ailleurs. On dirait que la population entière de l’île s’est donnée rendez-vous ici. »
Le Grand Maître opina.
« D’autres individus de mon…espèce sont-ils là ? »
En d’autres termes, d’autres inquisiteurs, moins gradés bien entendu, étaient-ils présents ? Jacques acquiesça.
« Deux. Et pourquoi sont-ils là au juste ? »
« Simplement pour nous donner un coup de main le jour fatidique. »
De Clivert hocha la tête. Il doutait que le Grand Maître de l’Inquisition se salisse les mains, mais sait-on jamais ?
« Avez-vous trouvé des hérétiques ? », questionna alors Sirius en reprenant son rôle principal.
Le responsable de l’île se tourna vers lui.
« Point du tout. Nous sommes une île peuplée d’êtres paisibles…Le peu de sorciers maléfiques qu’on pouvait y trouver autrefois, ont déserté depuis belle lurette ce coin, à cause de votre purge, il y a cent ans de cela. Désormais, il n’y a plus que quelques voleurs et une poignée de brigands peu féroces. »
Sirius parut satisfait.
« Voilà la maison », fit alors Jacques, une fois qu’ils furent sortis de la foule, en désignant une petite bâtisse fort modeste au toit d’ardoises et aux murs de pierres sèches.
Quatre sentinelles étaient postées là. Plus loin, deux hommes vêtus d’un long manteau noir discutaient. Des inquisiteurs.
Cortez se tourna alors vers l’endroit où aurait lieu le rituel. Des barrières, clôturant le lieu, avaient été mises en place, renforcées par une haie de gardes. Ordre avait été donné de tirer à vue sur quiconque entrerait sans permission. Pour cela, des archers et des arbalétriers étaient postés sur des tours de guets. Au centre de l’aire circonscrite par les barrières, des dolmens formaient un cercle. Au milieu, posée sur une espèce de banc en pierre, une boule en verre, bleue lançait des éclairs.
« Vous êtes sûrs que la boule ne pourra être volée ? », interrogea Cortez.
« Aucun risque ; elle est enfermée dans une véritable forteresse de sorts de protection », fit Sirius, « sans parler des gardes ! »
Cortez était plus sceptique. Pourtant, il était vrai que les sorts de protection les plus puissants avaient été lancés autour de cette boule dont la matériau n’était même pas du cristal. Il s’agissait toutefois d’un artefact puissant, retrouvé dans un tombeau. Jamais Cortez n’avait appris ce qu’il y avait dans ce tombeau, le Grand Maître ayant préféré se taire sur ce sujet. Mais, une chose était certaine : Sirius avait désormais besoin de l’aide des divers Ordres.
« Nous voila arrivés », fit Jacques l’interrompant dans ses pensées.
Les deux inquisiteurs saluèrent très respectueusement le Grand Maître et adressèrent aux autres un salut bref et sec. Le chevalier du Temple ne s’en trouva pas le moins du monde affecté, pas plus que les autres, apparemment. Les compagnons entrèrent alors dans la bâtisse. Le chariot n’allait pas tarder à leur apporter le coffre.
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mer 28 Juin - 11:09

Chapitre Sept
La nuit de la Pleine Lune - le rituel


Sous les rayons lunaires, les silhouettes paraissaient fantomatiques malgré le dispositif mis en place pour mieux éclairer la zone : des soldats tenaient des flambeaux, des torches avaient été disposées par ci, par là et quelques feux de camps avaient été allumés.
Cortez, Flavius, Casper et Jacques se tenaient debout en cercle autour de la boule. Ils attendaient la fameuse sorcière qui tardait à venir. La nuit était tombée depuis deux heures déjà et cela faisait maintenant une heure qu’ils étaient là. La patience des quatre Maîtres avait ses limites.
Le sort devait être lancé à minuit juste. Dans une heure à peine.
Brutalement, le vent se leva et un tourbillon de poussière s’éleva de la terre. Une forme apparut : la sorcière. A peine Cortez eut-il ouvert la bouche que la femme prit la parole avant qu’il ait réussi à dire le moindre mot:
«Etes-vous prêts ? »
Bref instant d’hésitation puis, dans un bel ensemble, les quatre compagnons acquiescèrent :
« Oui .»
« Bien ! Alors, allons-y, ne perdons pas de temps ! »
Les quatre hommes revêtirent une tunique dorée et blanche. Le premier habillé, Cortez se tourna vers la sorcière :
«Êtes-vous certaine qu’ils gisent là ? »
La sorcière émit un petit rire cristallin :
« Là, et sur chaque monde de l’univers qui nous entoure. »
Des propos presque incompréhensibles pour le chevalier. Il savait qu’il y avait plusieurs dimensions et, dans chacune d’elles, plusieurs mondes. Mais c’était tout. Et c’est dans une de ces dimensions qu’il avait rencontré la sorcière.
« Ce sera à vous, jeunes guerriers, à les adapter à votre temps…et à leur dire la vérité… »
Son regard s’était tourné vers la barrière. Elle fixa assez froidement Sirius et les deux inquisiteurs. Mais pour les quatre Maîtres, elle fixait le vide. De leur position, ils ne voyaient rien. Elle finit par se détourner du Grand Maître.
Pendant ce temps, Flavius s’était baissé et avait pris dans une besace une potion qu’il ouvrit.
« Une lampée chacun…j’espère que la concoction est bonne.»
Des regards noirs le foudroyèrent. La sorcière arracha vivement la potion des mains de l’homme et avala sa gorgée. Elle tendit le récipient à Jacques qui but à son tour. Les autres en firent de même. Puis les compagnons se rangèrent en cercle autour de la pierre et, se prenant par la main, le regard levé vers le ciel, entamèrent un long chant dans une langue totalement inconnue.
Commencé dans un murmure, le chant s’amplifia progressivement. Des frissons parcoururent l’assemblée, silencieuse et recueillie. Par réflexe, Sirius porta la main à son épée, mais se garda bien de la dégainer.
Le vent se leva à nouveau, simple souffle, brise douce puis, au même rythme que le chant, se renforça peu à peu. Des torches s’éteignirent, des braises crépitantes s’envolèrent, de la poussière se souleva de terre, les barrières se mirent à trembler, les tours à vibrer dangereusement. Pour ne pas tomber, les soldats durent se cramponner aux barrières et la foule amorça un mouvement de recul.
Des détonations retentirent ensuite, de plus en plus rapprochées, de plus en plus bruyantes. Le ciel s’obscurcit, les étoiles disparurent. Au milieu de cette obscurité oppressante, la lune flottait, lumineuse, nimbée d’un nébuleux halo. Des éclairs frappèrent le sol tout autour de la colline, ne provoquant, par bonheur, aucun dommage collatéral. De petits éclairs violets zébrèrent alors tout le cercle de pierre et de la boule en verre jaillit un cône jaune incandescent, parcouru de multiples éclairs blancs, qui s’éleva droit vers le ciel.
Un éclair plus puissant que les autres s’abattit sur la boule, l’enveloppant d’une auréole blanche, aveuglante. Puis des cônes, jaillis du ciel, se déroulèrent en spirales pour aller, tels des serpentins, s’entortiller autour des cinq compagnons imperturbables qui avaient transformé leur chant en psalmodie lancinante.
Le ton monta à nouveau d’un cran. La colline entière frémit. Des menhirs se fissurèrent, certains même s’écroulèrent. Le sol se craquela et, en plusieurs endroits, se souleva. Des étincelles fusèrent autour de la colline.
Alors jaillissant de la terre tout autour du cercle de pierre, douze cercueils en pierre se dressèrent, nimbés d’un halo bleu évanescent. Sur chaque couvercle, était sculpté, une épée entre ses mains jointes, un chevalier allongé.
Les paroles laissèrent brusquement place à une simple mélodie fredonnée en sourdine. De la boule, irradièrent des filaments bleus qui fusèrent vers les cercueils et, léchant la pierre, tissèrent autour d’eux une véritable toile d’araignée. En même temps, le cône jaune s’intensifiait. A l’intérieur apparurent douze rayons rouges qui transpercèrent les douze toiles de filaments. Chaque rayon percuta un cercueil, le brisant en milliers de morceaux.
Apparurent alors douze nouveaux cercueils. Les rayons n’avaient détruit que les sarcophages dans lesquels ils étaient enfermés. Puis, tous ensemble, les couvercles se soulevèrent et la foudre s’abattit sur chacun d’eux.
Alors le vent s’apaisa, les éclairs cessèrent, le sol s’arrêta de trembler et les nuages disparurent. Les halos s’éteignirent, les cônes lumineux également. La boule de verre gisait au sol, en morceaux.
Les quatre compagnons, épuisés, perdirent connaissance. Avant de s’évanouir, Cortez porta son regard vers la sorcière : elle avait disparu.

Fin de la Première Partie
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Sam 1 Juil - 14:25

Partie Deux; La Première Quête


Chapitre Huit
Révélations



Les douze se tenaient là, debout, dans les vêtements dont on les avait revêtus avant de les enterrer, il y a fort longtemps. Ils s’étaient rassemblés, totalement déconcertés par ce qui leur arrivait, mais tenant bien en main leur longue épée à la lame scintillant sous la lune.
Sirius se précipita vers le cercle de pierre, plus précisément vers la boule brisée en se lamentant. Il ne jeta pas un regard aux quatre compagnons qui, revenus de leur évanouissement, se relevaient péniblement.
« Cela a marché ? » demanda Cortez en toussotant.
« Oui » déclara sombrement un des deux inquisiteurs qui avaient suivi le maître.
Cortez et ses amis, debout, examinèrent à la dérobée les chevaliers qui s’étaient réunis dans un coin. A un pas devant eux, un individu de haute stature les dévisageait sereinement. Il portait une longue barbe blonde et de longs cheveux de couleur semblable presque dorée.
Quelque chose attira le regard du chevalier du Temple. Ses yeux se portèrent sur un menhir tombé à terre. Des runes scintillaient, formant des spirales. Tout autour, une clarté orange et diffuse. Cortez tourna le regard vers un autre menhir. Lui aussi émettait des lueurs orangées.
Cortez alors se raidit. Il compta douze menhirs. La veille et les jours précédents, les runes étaient noires, éteintes…Et là, elles scintillaient. Douze menhirs. Douze hommes. Un trouble s’empara du chevalier. Il se tourna vers Sirius mais l’homme était trop occupé à recueillir les morceaux.
Il fit un pas en avant et attira à lui ses trois compagnons. Il leur fit rapidement part de ses constatations, puis ensemble, ils se dirigèrent vers l’individu blond. Cortez hésita quelques secondes. Essayant de se remémorer ses lectures et ce qu’il avait appris, il chercha un nom. L’homme devait être le chef puisqu’il se tenait en avant des autres.
Un seul nom lui vint à l’esprit : Arthur.
« Messire Arthur, soyez le bienvenu dans notre…monde…Nous vous…avons ramené à la vie pour une raison précise… »
« Et nous nous sommes donnés beaucoup de mal pour vous » lança alors Sirius sèchement, en se dirigeant vers eux. Il écarta les Maîtres et fit face à l’homme que Cortez avait appelé Arthur. Les deux hommes étaient de même taille et de même corpulence. Le regard d’Arthur paraissait calme.
« Alors évitez de nous faire faux bond » acheva l’inquisiteur, main sur le pommeau de son arme.
Arthur ouvrit la bouche ;
« Vous nous avez réveillés…de notre longue mort…Parlez. Je vous écoute. »
Abasourdi, Sirius fit un pas en arrière. Afin de reprendre contenance, il se racla la gorge.
« Une des raisons est que le Mal commence à gangrener des mondes entiers…Actuellement, il oeuvre sur le nôtre et nos soldats ne vont pas tarder à le combattre. Il est presque impossible de gagner sauf…sauf si vous nous venez en aide… »
« Et comment ? »
« Il nous faut un certain objet…qui ne vous est pas inconnu … et qui a été dérobé. »
« Quel objet ? »
« Le Saint-Graal ! », fit Sirius.
Stupéfait, Arthur baissa son épée. Derrière lui, un long murmure parcourut l’assemblée des chevaliers. Les quatre compagnons se dévisagèrent. Cortez comprit que Sirius avait gardé pour lui seul cette information de première importance. Un atout non négligeable.
« Seul le Graal peut nous permettre de vaincre le Mal et… »
« Qui l’a dérobé ? », coupa froidement le Roi Arthur.
« Et bien ! On dit qu’il s’agit des princes du Mal », débita le Grand Maître à toute vitesse. « Pour le peu que nous savons, ils seraient six. Chacun dirigerait une armée puissante et nombreuse. L’un des six détient le Graal. Mais nous ne savons pas lequel. »
Un long silence s’installa. Casper et Flavius s’étaient rapprochés. Soudain, Arthur rompit le silence d’une voix d’outre-tombe :
« Avant de rechercher ce calice, il va falloir que je récupère Excalibur…Savez-vous où elle se trouve ? »
Sirius allait nier, lorsque Cortez prit la parole :
« Nous avons un doute quant à l’endroit…Nous pouvons la récupérer sur ce monde, mais pour cela, il va falloir nous accompagner, à bord d’un navire. »
Sans hésitation, le Roi accepta la proposition. Cortez savait dès le départ qu’Arthur réclamerait son épée. Il ne s’était pas trompé.
« Nous partirons après demain, le temps de charger des victuailles et, pour vous, de prendre un peu de repos bien mérité…et peut-être de trouver des réponses à certaines de vos questions, tout à fait légitimes », annonça alors le chevalier du Temple en souriant.
Dans son dos, Sirius se racla la gorge. Mécontent, il grommela :
« Oui reposez-vous, nous allons avoir besoin de toutes nos forces pour parvenir à trouver votre épée. »
Sur ce, il tourna les talons et s’en fut, ses sbires dans son dos. Cortez désigna le bâtiment en bois :
« Si vous voulez bien me suivre… »
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mer 5 Juil - 11:01

Chapitre Neuf
Le Voyage


Durant presque toute la nuit et une bonne partie du jour, les chevaliers de la Table Ronde avaient posé des questions à Cortez et à ses compagnons, concernant ce monde, le leur, la manière dont ils avaient été ressuscités…Le chevalier du Temple avait cherché à les renseigner du mieux qu’il pouvait, aidé en cela par ses compagnons. Il leur montra une carte de son propre monde, ainsi que l’endroit où, d’après eux, Excalibur était dissimulée.
Pendant ce temps, on chargeait à bord du Redoutable vivres et boissons. Quelques soldats, triés sur le volet, embarquaient également.
Enfin, le groupe sortit et se dirigea vers le quai. Sirius était déjà à bord, les regardant d’un air maussade. Il paraissait fatigué. Il suivit du regard les seize membres monter à bord.
« Deux autres navires vont nous suivre », déclara t-il.
« En quel honneur ? », demanda Flavius
« D’après nos derniers renseignements, une guerre a éclaté, là même où nous nous rendons. Nous aurons besoin de beaucoup d’hommes. »
Casper, Flavius, Cortez et Jacques tournèrent leur regard vers un autre embarcadère. En effet, des centaines de soldats, dont ils reconnurent les divers ordres aux couleurs qu’ils portaient, montaient lentement à bord de deux navires.
« En tant que Grand Inquisiteur, j’ai tous les pouvoirs », poursuivit Sirius, moins pour se justifier que pour affirmer avec force son autorité qui ne tolérait aucune contestation, « notamment celui de faire appel à vos hommes et ils le savent. Maintenant, à vous de décider : soit vous acceptez de m’obéir et nous poursuivons ensemble, soit vous restez ici…Faites vite, le temps presse. Après, il sera trop tard.»
Les compagnons grommelèrent. Cortez se tourna vers les douze chevaliers ;
« Allez, suivez-moi, je vais vous montrer vos cabines ! »
Et les douze chevaliers le suivirent. Dans son dos, le capitaine du navire lança ses ordres et le bateau commença ses manoeuvres en grinçant.

C’est dans ce lieu plutôt austère qu’ils décidèrent de faire plus ample connaissance : les douze se prénommaient Arthur, Yvain, Lancelot, Gauvain, Perceval, Galaad, Tristan, Lionnel, Keu, Sagramor, Agravain et Gareth, tous chevaliers de la Table Ronde.
« Combien de temps nous faudra-t-il avant d’arriver ? », demanda Arthur.
« Une petite semaine, environ. »
« Il parait que là où nous allons, sévit la guerre. Qu’en pensez-vous ? »
« C’est fort probable. Mais nos hommes sont bien entraînés et, sans fausse modestie, très doués dans l’art du combat. De plus, nous possédons quelques sorciers fort redoutables… »
« En parlant de sorcier », fit Arthur malicieux, « il y en a un qui me manque… »
« Qui ça ? », interrogea Cortez.
« Merlin. Ah oui ! Il me manque ce jeune fougueux…enfin bon…on verra plus tard… »
« Messire, ce « jeune », comme vous l’appelez, était plus âgé que nous », fit Lancelot.
« D’accord, mais avouez qu’il ne faisait pas son âge ! », sourit le Roi en se tournant vers Lancelot.
Le chevalier se renfrogna et s’enfonça dans son siège en grommelant. Arthur se tourna alors vers Cortez :
« Si une guerre se déclenche, qu’avez-vous prévu ? »
« Un des peuples actuellement en guerre se trouve être un allié. Nous lui apporterons notre aide dans toute la mesure du possible » … « si le Grand Maître Sirius daigne accepter ma proposition, bien sûr ! », reprit-il après un instant de silence.
« Je vois. Tout ce que vous savez c’est qu’il y a une guerre, mais vous ignorez à quel stade elle en est.»
Cortez hocha la tête en signe d’assentiment. Sirius, sans doute, n’en savait pas plus.
« Il est donc probable que nous devrons livrer bataille », acheva le Roi.
Flavius prit la parole :
« Avant d’arriver au royaume en proie à la guerre, il est certain que sur notre route, nous rencontrerons des troupes de l’armée adverse, des brigands, des mercenaires. Mais nos hommes sont redoutables »
« Il est peut-être préférable, dans ce cas, de longer les côtes, afin d’éviter la voie terrestre, et d’accoster ainsi directement au royaume où nous devons nous rendre », suggéra le roi.
Flavius et Cortez se dévisagèrent. Ce fut Casper qui répondit :
« C’est impossible, … ».
« Parce que nous sommes en très mauvaise entente avec les royaumes dont nous traverserions les eaux territoriales et que quelques conflits, bien que mineurs pour l’instant, ont déjà éclaté. », poursuivit-il après un silence embarrassé.
« Pour l’avenir de votre monde, il serait plus judicieux de vous allier à eux», contra Arthur.
« Certains royaumes refusent de croire que le Mal est sur nous », fit Jacques. « Ils ont tort… »
« A propos », interrompit le Roi, « comment êtes-vous au courant ? »
Un nouveau silence gêné gagna les compagnons. Les quatre maîtres se dévisagèrent et Cortez s’adossa confortablement à sa chaise pour répondre :
« Sirius, le grand chef de l’Inquisition, dans cette partie de notre monde, a accès à certains objets magiques, appelés artefacts. Ce sont eux qui lui ont partiellement révélé l’avenir. A cela s’ajoutent les rêves de certains de nos hommes…et leurs rêves s’avèrent souvent prémonitoires. »
« Votre Sirius ne m’inspire pas très confiance. Il me semble aussi arrogant que redoutable. »
« Disons qu’il s’est fait une certaine réputation dans quelques royaumes », avoua Jacques. « Il a fait exécuter … des criminels certes, mais aussi des innocents. Et le pire c’est que cela n’a pas l’air de le tourmenter. Il ne s’embarrasse ni de justice ni de vérité : qu’on lui présente une personne comme coupable et, sans même examiner les faits d’un œil critique et objectif, il la considère comme telle. Jamais il ne diligentera la moindre enquête. Sa justice est froide et expéditive. Mieux vaut ne pas tomber entre ses griffes !»

Pendant toute la traversée, les Douze restèrent enfermés dans leur cabine. Ils mangeaient, dormaient et buvaient là. Un isolement que Cortez et les autres tentaient tant bien que mal de rompre, en leur apportant régulièrement des nouvelles. Les Maîtres mettaient toute leur sollicitude à aider les chevaliers de la Table Ronde à surmonter leur dépaysement.
Les douze apprirent aussi le rôle des divers Ordres. L’Ordre des Hospitaliers, dirigé à la fois par Jacques de Clivert et par Flavius, se contentait de soigner les blessés, d’apporter soutien et secours, de protéger les convois, essentiellement des convois de pèlerins. Bien que leur rôle ne fût pas de combattre, ils étaient tout de même de redoutables guerriers. C’était eux qui, les premiers, avaient alerté les Teutons. Ils avaient ensuite parcouru le monde à la recherche des templiers qu’il était de leur devoir de prévenir également… Et c’est ainsi que, de pays en pays, ils étaient parvenus à tous se retrouver. Sirius les attendait, sur un monde différent. Tous ensemble, grâce à la magie, ils avaient réussi à atteindre ce monde. Cela n’avait pas été facile mais grâce à la persévérance des Maîtres, ils y étaient parvenus. Depuis, ils s’étaient installés sur cette planète afin de contrer le mal. Ils formèrent de petits groupes et commencèrent à placer des agents. Les chevaliers des différents Ordres avaient dû recruter des hommes et des agents parmi les populations et les avaient formés. Ils avaient également placé des politiciens, des conseillers et des diplomates au sein des royaumes. Et cela, sur plusieurs générations, car la tâche s’était révélée plus ardue que prévu. Plus de trois siècles s’étaient écoulés, mais l’enjeu en valait la peine, et désormais, ce monde était devenu une véritable forteresse où les soldats d’élite, combattant le Mal et le Chaos, se trouvaient tous réunis.
Ne manquaient plus alors à l’appel que les chevaliers de la Table Ronde.
Mais désormais ils étaient là et, enfin tous réunis, ils allaient pouvoir repousser la menace. Pour cela, il fallait avant tout trouver le cœur du Mal et l’éradiquer. Et, sans certains artefacts magiques, la tâche était presque impossible. Or, le Graal avait été dérobé. Il fallait donc, à tout prix, le retrouver.

Ils essuyèrent tempêtes, ouragans et faillirent se faire attaquer par des corsaires qui, devant leur nombre, préférèrent faire demi-tour.
A l’aube du huitième jour, ils aperçurent le port de Val Nord. De la surface de l’eau émergeait le mât d’un navire coulé. Des volutes de fumées s’élevaient dans les airs : sur le quai en pierres flambait un énorme brasier. A l’avant du quai, un ponton, fait de rondins de bois, était à moitié détruit et à l’arrière, une maison en ruine tenait tant bien que mal debout, toit et façade éventrés.
« On arrive à temps, n’est-ce pas ? », demanda le capitaine sans attendre de réponse.
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mariobob




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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Mer 5 Juil - 11:08

Woaaah , je comprend pourquoi tu me disais que mon histoire était courte....toi t'écrite carément un bouquin , je suis sidéré !
J'espère que c deviendra un best-seller a la Da Vinci Code ! :)
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Ven 7 Juil - 14:39

Chapitre Dix
Aux nouvelles-départ



Une petite foule se pressait sur le quai et regardait les navires déverser leurs troupes. Des centaines de soldats, tous Ordres confondus, se rassemblaient sur les pontons, attendant les ordres. Pendant ce temps, leur maître et le grand inquisiteur faisaient face au bourgmestre du port. Les visages des habitants, marqués certains de cicatrices, trahissaient la peur, la fatigue, la lassitude. Visiblement les combats avaient été terribles.
De temps en temps, des cris se faisaient entendre dans le lointain. « Les pensionnaires de l’infirmerie », commenta le bourgmestre en désignant d’un geste de tête la petite bâtisse aux façades, ou du moins ce qu’il en restait, noircies par la suie.
En quelques mots, le bourgmestre les mit au courant de la situation. Des pirates venus du nord étaient descendus et avaient ravagé le port. Les combats avaient fait rage pendant toute une semaine, à l’issue de laquelle les soldats de la ville avaient réussi non sans mal à repousser les forces ennemies.
Alors que les compagnons se dirigeaient vers un bâtiment encore intact, Arthur s’approcha d’eux.
« Je m’y connais en armement, et je ne pense pas que ce genre de dégâts ait pu être provoqué par des catapultes ! »
Il désigna des cratères dans le sol. Les pavés étaient retournés.
« Il existe des armes que vous ne pouvez connaître. Nous-mêmes, lorsqu’on nous les a présentées, avons été surpris. Mais, croyez-moi, elles sont formidablement puissantes et destructrices. »
« Je veux bien le croire. »
Parvenus dans le bâtiment, ils pénétrèrent dans une grande salle et s’installèrent autour d’une longue table, violemment entaillée de coups d’épées ou de haches. Le bourgmestre les y rejoignit. Un individu, chauve et légèrement corpulent, vint leur distribuer des verres qu’il remplit de vin avant de s’éclipser.
« Actuellement, d’après les renseignements que nous détenons, l’armée adverse se regroupe près de ses frontières. Cependant des groupes de gueux et de petites compagnies sillonnent les terres, pillant et ravageant nos villes et villages. »
Sirius claqua des doigts. Un de ses inquisiteurs s’approcha rapidement. Il lui souffla quelque chose à l’oreille et le sbire s’en fut d’un pas vif. Le bourgmestre le regarda partir et reprit :
« Depuis que nous avons perdu notre roi, notre armée part en débandade. Des soldats se sont enfuis, d’autres se sont rebellés. Certains ont rejoint les troupes adverses. Beaucoup sont devenus brigands. Rares sont ceux qui sont restés pour maintenir un semblant d’ordre et de paix. Une dizaine d’entre eux est venue ici même…juste avant le combat contre les pirates. C’était bien peu. Et sur ces dix, seuls trois ont survécu mais c’est déjà un miracle. »
Sirius prit la parole :
« Nous allons vous laisser une dizaine d’hommes et appeler des renforts. La situation doit se rétablir au plus vite. Le sort de ce monde est en jeu…et il ne dépend pas que de l’armée ennemie ! »
Il se leva et s’éloigna, hautain.

Le lendemain, après une courte nuit de repos, les soldats levèrent le camp et quittèrent le port sans le moindre regard en arrière tant le lieu dévasté était sinistre. Des centaines de civils avaient péri. Des dizaines de soldats. Et ce n’était qu’une ville !
« Nous allons longer la frontière du royaume des Nains, puis celle des Grandes Eaux pour arriver à la Vallée des Damnés», déclara Sirius à Cortez. « Là vous partirez à la recherche de « votre » Excalibur. »
« Et vous ? »
Les deux hommes chevauchaient côte à côte. L’Inquisiteur, pour la première fois, esquissa un sourire, plus exactement une grimace qui se voulait sourire.
« Moi, je vais voir ce que je peux faire pour mettre fin à cette guerre. »
Dessein utile et courageux ! Cependant, sans savoir pourquoi, Cortez n’y croyait pas vraiment. Un frisson glacial lui parcourut l’échine et il se raidit sur sa selle.
« Ce sera dangereux, mais je suis de tout cœur avec vous », réussit-il à dire sans grande conviction. Bien sûr, lui-même aspirait à la paix mais il sentait que quelque chose sonnait faux dans les propos de Sirius.
« N’ayez crainte, votre mission est plus ardue », fit Sirius. « Après la Vallée des Damnés vous arriverez à un étang… ce sera là … là et ailleurs, dans un autre univers », ajouta-t-il d’un ton énigmatique, « à vous de trouver la magie qui vous permettra d’entrer en contact avec le bon…et de trouver Excalibur ! »
« Je connais le sort pour invoquer ce monde, et mes compagnons aussi…mais il va être difficile d’amener les chevaliers de la Table Ronde avec nous ! »
« Il le faut. Vous savez bien que la Dame du Lac ne confiera l’épée qu’au Roi Arthur. »
« Alors ne prenons qu’Arthur avec nous ! Il n’est pas nécessaire que les autres nous accompagnent ! »
Sirius réfléchit quelques secondes puis finit par acquiescer :
« Arthur et deux hommes. Je ne pense pas qu’un grand danger vous guette là-bas…Votre magie sera, dans cet autre monde, totalement inutile. »
«Comment le savez-vous ? »
« J’ai beaucoup voyagé », déclara sombrement et mystérieusement l’inquisiteur, « par delà les mondes ; ce que j’ai vu sur certains ne me plaît pas. »
Cortez, bien que piqué par la curiosité, n’osa cependant pas le questionner davantage. Les mondes étaient tous différents. Lui-même avait voyagé dans plusieurs univers et il avait été grandement surpris par leur hétérogénéité.
Sirius reprit :
« Ce soir nous longerons les montagnes. Espérons que les Nains ne verront pas en nous des ennemis. Nous sommes leurs alliés mais sait-on jamais ! Ah ! à propos, avez-vous prévenu Arthur et … « compagnie » des…créatures qu’ils pourraient rencontrer ? »
Cortez opina du chef.
« N’ayez crainte. Ils sont prévenus et n’ont guère l’air étonné. »
« Vu ce qui s’est passé jusque là, ça ne m’étonne pas », marmonna l’inquisiteur.
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Dim 9 Juil - 13:04

Chapitre Onze
La Citadelle



Ils traversèrent maintes plaines et maints villages ravagés. Ils chevauchèrent sur des routes à perte de vue, sinistrement bordées de lances au bout lesquelles étaient fichées des têtes. Des corps pendaient des arbres, tels des pantins désarticulés.
Dans les villes, la plupart des habitations étaient en ruines. Des squelettes encombraient les ruelles, démembrés, les têtes posées sur des murets. D’autres pendaient, accrochés aux rambardes des fenêtres. Des véhicules, renversés, gisaient sur le toit, les roues en l’air. Un homme avait été empalé sur le bras d’une charrette retournée dont le contenu, caisses et tonneaux, s’était déversé dans la rue. Sur la terre, sur les murs, des traînées rouges, des flaques écarlates.
En pleine campagne, par endroits, des cages, suspendues très haut au-dessus du sol, laissaient voir, à travers les barreaux, des corps décharnés, recroquevillés sur eux-même. Des animaux morts jonchaient le sol. Des cadavres s’entassaient le long des chemins. Les relais, les auberges désertés n’accueillaient plus les voyageurs.
Corbeaux et charognards tournoyaient au-dessus du charnier, attirés par l’odeur pestilentielle, avant de fondre sur les corps dont ils lacéraient la chair à coup de bec.
« Pays accueillant … et gai.», ironisa Arthur sans s’émouvoir outre mesure de ce spectacle de désolation.
Des volutes de fumée s’échappaient de quelques brasiers encore chauds.
Le long de leur route, les chapelles avaient été, semble-t-il, systématiquement détruites et pillées.
« Ils pillent tout, sans le moindre respect du sacré », grimaça le chevalier du nom de Lancelot. « Il faut être fou…ou stupide… »
« Ou cruel et arrogant », coupa Cortez. « C’est finalement le commun des mortels. Ils ne sont mus que par l’appât du gain et le désir de se sentir puissants ! »
De fait, le chevalier du Temple avait souhaité voyager aux côtés d’Arthur et de ses hommes. Il préférait leur compagnie à celle de Sirius. Ce dernier chevauchait près de Flavius et de Casper. Jacques de Clivert, lui, faisait des aller retour le long de l’interminable convoi.
Cinq jours après avoir quitté Val Nord, ils arrivèrent enfin au Royaume des Nains. De hautes montagnes aux sommets enneigés.
Sirius comptait se reposer dans une forteresse de pierres située au pied de la montagne. Il voulait redonner vie à la citadelle ce qui faciliterait la reprise de contrôle du royaume en guerre. Pendant ce temps, les douze chevaliers ainsi que les quatre maîtres se dirigeraient vers la vallée en compagnie d’une quinzaine de Templiers et d’Hospitaliers.
Les troupes entrèrent dans le fort dans un ordre impeccable. Comme Sirius s’y attendait, la forteresse était abandonnée. Mais dans les caves se trouvaient encore des munitions et même des provisions.
Là, les chevaliers de la Table Ronde apprirent ce qu’était un canon, et les dégâts qu’il pouvait occasionner. Il y en avait une centaine et Sirius donna l’ordre de les positionner sur les remparts. Quelques hommes s’assurèrent de la solidité des murailles et renforcèrent le pont-levis et les différentes issues. Sirius ne s’attendait pas à ce qu’on vienne l’attaquer ici, mais il estimait cependant plus prudent de disposer d’un lieu de repli sûr.
Les Maîtres des Ordres se virent alors contraints d’enjoindre à leurs hommes, bien qu’à contrecoeur, d’obéir aux consignes du Grand Inquisiteur : ils n’avaient pas d’autre choix.
Trouver un tel refuge était inespéré dans ce pays ravagé par la guerre : une forteresse vaste, solide, en bon état, bien armée. Surprenant même qu’aucun brigand n’en ait fait son repaire, qu’aucun ennemi n’en ait fait son avant poste. Sirius cependant n’avait pas l’air de s’en émouvoir. Il était fier de sa prise. Il alla même jusqu’à dresser des étendards au sommet des tours. Les drapeaux se mirent à claquer au vent, croix rouge ou noire sur fond blanc, croix blanche sur fond rouge ou encore croix blanche à huit pointes sur fond noir. Quant au drapeau de l’Inquisition, il flottait au vent au sommet du donjon principal.
Le soir, une fois le lieu investi, les préparatifs débutèrent. On entassa vivres et armes dans des chariots tandis que Sirius déployaient ses nouveaux hommes sur les remparts et les tours de guets.
Puis les Maîtres se préparèrent à partir vers la Vallée des Damnés. Sirius leur confia trois chariots. Ils en vérifièrent le contenu et examinèrent les armes, du simple poignard à l’arc. Ils prirent également des destriers encore frais, puis fixèrent aux véhicules d’autres chevaux.
Le lendemain, les chevaliers de la Table Ronde, Arthur, Lancelot et Yvain, les Maîtres et une vingtaine de Templiers et d’Hospitaliers quittaient la forteresse. Destination : l’étang sacré.
Leur route longeait la montagne. Ils avaient mis leurs montures au pas et cheminaient en silence. Brusquement, Cortez le rompit :
« Je ne m’attendais pas à ça » confia-t-il alors à Arthur.
« Quoi donc ? »
« Sirius. Il doit avoir une idée précise en tête. En tout cas, manifestement nous l’importunons dans ses desseins. Il cherche à tout prix à nous écarter. J’ai l’impression qu’il nous cache quelque chose, mais je n’arrive pas à deviner quoi. »
Arthur haussa les épaules.
« Craignons-nous quelque chose dans le coin ? »
« Je n’en ai aucune idée. La situation de ce pays à l’air critique…c’est tout ce que je sais. »
Ils chevauchaient en tête du convoi, Flavius à leur gauche et Casper à leur droite. De Clivert se trouvait derrière.
Le chevalier du Temple se tourna une dernière fois vers la citadelle. Il n’était pas certain de la revoir un jour. Pourtant, il l’espérait, pour le bien de ce monde. Il fit une courte prière, se signa et cette fois-ci se détourna définitivement de la forteresse.
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MessageSujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman   Jeu 13 Juil - 15:34

Un dernier chapitre avant que je parte pendant quelques mois

Chapitre Douze

Les Nains



Un brusque et rapide éboulement fit sursauter les chevaliers. Aussitôt, les hommes dégainèrent leur épée et se tournèrent vers la montagne. Mais plus rien ne bougeait.
Grommelant, Cortez rengaina son arme. Il se sentait épié. Ils avaient quitté la forteresse depuis environ deux jours maintenant et avaient longé la montagne sans être inquiétés. Ils avaient traversé plusieurs villages, tous en ruine. Des corps s’entassaient dans les rues. Toujours ce spectacle lugubre. Au milieu des corps déchiquetés aux habits maculés de sang, le chevalier du Temple avait du mal à repérer les cadavres des soldats du royaume et ceux de l’armée adverse.
Là encore des pendus, dans les villages, dans les campagnes, où les branches d’arbre ployaient sous ces macabres fardeaux. D’autres avaient été empalés. Sur des pieux plantés dans le sol, des têtes qui gardaient encore dans la mort des rictus de douleur. Comme si l’armée adverse avait pris un malin plaisir, dans un excès de « raffinement » morbide, à multiplier les tortures. Encore une fois, on avait causé un maximum de dégât. Pour faire peur aux gens ? Simple menace ou absurdité totale ?
« Je commence à craindre que le Mal ne soit déjà sur nous », fit alors Flavius en venant vers eux.
« Je ne pense pas forcément au Mal tel que l’a vu la sorcière… », déclara Cortez, « mais plutôt à un autre mal…des gens qui auraient été corrompus par celui-ci. »
« Le Chaos aurait engagé des troupes ? », lâcha Flavius complètement abasourdi.
« Ce n’est qu’une simple hypothèse », reprit calmement Cortez.
« Oui, simple hypothèse » fit Arthur. « En attendant, regardez qui se tient face à nous ! »
Cortez se tut et se tourna. Il fit stopper son destrier. Le convoi s’immobilisa presque aussitôt.
Une trentaine d’hommes se tenaient devant eux, torse nu, couvert de tatouages et de scarifications. Deux d’entre eux portaient une cotte de mailles. Certains portaient une épée, d’autre une hache, quelques-uns encore une lance ou une sorte de massue hérissée de clous. Tous portaient une rondache en bois, la marque du clan visible en plein milieu : une main clouée sur le bois rougi par le sang.
« Qui êtes-vous ? », rugit Cortez.
« De simples itinérants », railla un homme de haute stature, musclé, à la barbe blonde. Il s’approcha d’eux et leva un bras. Aussitôt, des hommes surgirent de derrière des rochers, portant frondes et arcs.
« Nous aimerions bien récupérer quelques-uns de vos…équipements…les armes, les boucliers, les armures…les chevaux aussi…et même vos tuniques remarquablement belles…et tant qu’à faire, votre bourse… »
Il haussa les épaules.
« Tout quoi. »
Derrière lui, ses hommes éclatèrent de rire.
Cortez leva les yeux au ciel.
« Un geste de votre part et vous êtes cuits… », déclara le chef.
« Je ne crois pas », déclara impassible le Templier.
Aussitôt, les boucliers se dressèrent du côté de la montagne, formant un véritable barrage.
« Aucune de vos flèches ou de vos pierres ne pourra traverser nos boucliers ! Ils sont en fer ! »
Le brigand rougit de colère et abaissa son bras :
« A l’attaque ! »
Une masse compacte de bandits se rua sur les chevaliers. Les frondes tournoyèrent et projetèrent leurs cailloux qui ricochèrent contre les boucliers. Les flèches, à leur tour, se brisèrent dessus. Cortez fit charger son cheval. Son épée tournoya dans les airs et s’abattit une fois, puis deux. Deux hommes tombèrent, le visage maculé de sang, méconnaissable. Arthur s’élança à son tour et pourfendit en deux le sommet du crâne d’un bandit. Puis d’un revers, il trancha le dos d’un second. Quatre guerriers bandèrent alors leur arc. Ils tirèrent. Quatre flèches atteignirent leur proie, quatre cadavres tombèrent à terre, dans une mare de sang.
D’un coup de pied, Cortez mit à terre un soldat adverse. Un coup d’œil vers sa gauche, il sourit : un Hospitalier le couvrait, égorgeant un ennemi. Dans son dos des cris fusèrent. Les brigands surgissaient de la montagne en un flot continu. Une véritable compagnie. Une flèche se logea entre les yeux d’un frondeur qui s’écroula. Un chevalier tomba de sa selle mais se releva et lacéra de plusieurs sillons sanglants le torse d’un ennemi avant d’éviscérer un second.
Les conducteurs des chariots ne prenaient pas part à la bataille. Des chevaliers les protégeaient. Flavius allait et venait pour vociférer des ordres. Au passage, il laissait des cadavres sur le sol. Au pied de la montagne, Casper et plusieurs chevaliers acculaient leurs adversaires et les éliminaient sans état d’âme. Le sang qui jaillissait des plaies en geyser teintait le roc d’écarlate.
Jacques pivota et affronta un second ennemi alors que le premier s’écroulait à peine. Il l’égorgea et passa à son troisième adversaire, bloquant la hache et ripostant. La main vola dans les airs, laissant goutter un filet de sang. L’homme hurla. De Clivert l’acheva d’un coup d’estoc.
Cependant, l’ennemi était considérable. Cortez décapita un adversaire et se fraya un chemin vers le Roi. Le destrier de ce dernier rua et un brigand fut projeté dans les airs, côtes fracassées. Arthur abattit son épée, fracassant un autre crâne. Yvain et Lancelot s’étaient portés près de leur seigneur et abattaient quiconque osait s’approcher. Pas une parole, pas un cri mais à chaque coup porté, un ennemi tombait.
Soudain, des roulements de tambours résonnèrent. Les bandits se figèrent, pâles de terreur. Ils se dévisagèrent et s’enfuirent en courant.
Surgissant d’un chemin dissimulé, des hommes de petite taille apparurent. Tous portaient de la tête aux pieds une véritable armure, avec heaume et tout l’équipement nécessaire. Cortez mit plusieurs secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de Nains.
A côté d’un porteur d’étendard, un Nain à l’allure altière. Son heaume était couvert de runes, son armure couleur d’or et il portait une longue barbe blanche tressée.
« Je me nomme Bark’Solik. », fit-il.
Cortez mit pied à terre.
« Je m’appelle Cortez, chevalier du Temple. Je vous remercie de votre intervention. »
« Notre but n’était pas d’intervenir, mais de venir prêter main forte aux soldats de ce royaume…et vous n’en faites pas partie. »
« En effet… ». Cortez narra alors leur aventure, leur exposa leur rôle, leur but et ce qu’il savait concernant ce royaume. A la fin, le Nain acquiesça.
« Nous combattrons quand même nos adversaires…Ils ont déjà brisé une vie de prospérité. Mort à eux. »
Sur ce, le seigneur des Nains fit signe à sa compagnie de le suivre. Cortez laissa passer l’armée composée de plus de trois cents Nains, puis remonta en selle. Jacques arriva sur ces entrefaites :
« Nous n’avons perdu aucun homme. C’est un miracle. »
« Quelques minutes de plus, et sans l’heureuse intervention des Nains, nous étions sur le point d’être défaits. Nous en aurions alors inévitablement perdus », commenta amèrement Cortez. « Ils croient faire route vers leur gloire, ils ne courent qu’à leur perte…mais c’est à Dieu de juger, de tracer leur Destin…Nous ne pouvons rien faire d’autre que prier pour qu’ils massacrent le plus d’ennemis possibles! »
« Il s’agissait donc de Nains ? », commenta tout haut Arthur en venant de leur côté.
« Oui messire. Ce sont de redoutables guerriers, lents, mais très forts…Ils aiment le vin, la bière, les combats et ils sont très cupides. Cela dit, ils ont d’autr