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| | Les Croisades Fantastiques-New Roman | |
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Age : 23 Inscrit le : 24 Mai 2006 Messages : 110 Localisation : paris
 | Sujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman Ven 8 Sep - 21:48 | |
| | oula amazone faudrait que je m'y remettes et je suis sur plein de projet à la fois, je sais même plus où j'en étais, mais pourquoi pas, je verrais^^ |
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Age : 23 Inscrit le : 24 Mai 2006 Messages : 110 Localisation : paris
 | Sujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman Jeu 14 Sep - 12:33 | |
| La mission avait plutôt mal débuté. En deux attaques, ils avaient perdu une quinzaine d’hommes. Il leur en restait la moitié … en comptant les blessés ! Cortez n’aimait pas du tout cela. Heureusement, le groupe se rapprochait du but, même s il ne voyait pas encore la fin de cette maudite vallée. Au-dessus de leurs têtes, une brume épaisse obstruait la vallée comme un couvercle, oppressant les poumons. Le vent s’était quelque peu calmé, mais l’air restait frais. Trop, au goût des soldats. Jusque-là, la plupart des chevaliers des différents Ordres n’avaient jamais combattu que des soldats, des brigands, mais jamais de telles créatures, tout au plus des humains difformes. Les harpies, surtout, les avaient effrayés. Ils avaient réussi à surmonter leur terreur mais ils gardaient en eux un profond malaise. Ce monde était décidément bien déroutant ! L’obscurité était propice à des visions hallucinatoires qu’aggravaient les ombres géantes provoquées par la lumière des torches du convoi: silhouettes étranges, créatures fantastiques se mouvaient sur les parois, au gré de l’imagination fantasque de chacun. Pourtant, ils avançaient. Ils avançaient tels des automates : le froid, en engourdissant leurs cerveaux, diminuait leurs capacités intellectuelles. Las, ils avançaient dans cette vallée sinueuse dont ils ne voyaient pas l’issue, mais ils n’y pensaient pas. Ils n’avaient plus qu’une idée en tête, idée fixe : avancer à tout prix ! A plusieurs reprises, ils passèrent sous des arcs de pierres, sans doute les vestiges d’un lieu habité jadis, il y a bien longtemps. Pour Cortez cela ne signifiait qu’une chose : autrefois, le monde était plus vaste. Puis le Mal était descendu, des siècles plus tôt, pour s’étendre. Il en avait dévasté une partie et il continuait à progresser, sournoisement. Il était parvenu à la Vallée et là, il s’était arrêté. Pour quelle raison ? Le Templier l’ignorait. Pourtant, il était certain que le Chaos continuerait à se déployer mais il prenait son temps. Arthur et ses compagnons chevauchaient, cent mètres en avant. Ils discutaient. Cortez ne trouvait rien d’anormal à ce qu’ils aient envie de se retrouver, de parler entre eux. Ils passèrent devant des grottes. S’ils y étaient arrivés le soir, Cortez aurait jugé bon de s’y installer pour la nuit. Mais, malgré l’illusion trompeuse due à l’obscurité qui, en permanence, régnait dans cette sombre vallée, le jour n’en était qu’à son zénith. Le repos serait pour plus tard. Et sans doute pas dans des grottes. Alors que toutes ces pensées s’agitaient dans sa tête, des bruits de combats se firent entendre devant eux, relativement proches. Cortez talonna son destrier, suivi de quatre autres chevaliers. Arthur frappait brutalement à droite, à gauche, comme un pantin désarticulé que des ficelles aurait agité à toute vitesse. Cortez plissa les yeux pour mieux voir. Subitement, il les écarquilla : le Roi et ses compagnons se battaient contre des squelettes, vêtus d’armures rouillées, protégés par des boucliers ronds en bois, brandissant des glaives émoussés. Cortez éperonna son cheval et dégaina son épée. Parvenu près du premier ennemi, il abaissa sa lame pourfendant le crâne en deux. De son bouclier, il frappa un second ennemi, lui brisant les os des mâchoires. Les autres chevaliers, dans un bruit d’os broyés, écrasèrent quelques squelettes sous les sabots de leur destrier. Déstabilisés quelques secondes par l’allure de leurs adversaires, ils reprirent bien vite possession de leurs moyens, quand ils virent qu’on pouvait venir à bout de … cadavres. L’ennemi se mouvait plutôt lentement. Se battre relevait plus de l’automatisme que de l’agilité ou de l’intelligence. Ils frappaient machinalement. De ce fait, bloquer leurs coups et riposter était chose aisée. Cependant, Cortez avait déjà combattu ce genre de créatures. Des morts-vivants perdus. Voila ce qu’ils étaient. Perdus car sans maître. Il fallait relever les morts pour en faire des guerriers. Puis le nécromancien les avait abandonnés là, à moins que trop affaibli, il soit devenu incapable de contrôler ces créatures. Quoi qu’il en soit, le nécromancien était encore en vie. Sinon, les créatures seraient déjà retombées en poussière. Tout à ses pensées, il décapita plusieurs créatures. Soudain, il sentit une épée heurter son bouclier et d’un mouvement brusque, le chevalier repoussa l’attaque de son écu. Son adversaire tomba et un cheval le piétina, lui brisant les os. Yvain pourfendait ses adversaires, laissant derrière lui un sillage d’os brisés. Quelques squelettes tentèrent maladroitement de l’encercler, mais le chevalier fit tournoyer son destrier qui rua à plusieurs reprises, projetant os et membres dans les airs. Lui-même, de son épée, terrassa plusieurs squelettes qui chutèrent, désarticulés. Lancelot arriva sur ces entrefaites pour lui venir en aide mais ne réussit à tuer que trois créatures. Arthur, frappant à droite, à gauche et prenant un plaisir évident à combattre cette armée singulière, s’approcha de Cortez, en riant : « Encore plus faciles à tuer que des hommes ! Ah, vous en avez des créatures stupides dans votre monde ! » « Justement, d’habitude elles donnent plus de fil à retordre ! », répliqua Cortez en tranchant le haut du crâne d’un ennemi. Arhur haussa les épaules. « J’ai connu plus fort ! » Et bientôt, il ne resta plus que des amas d’os sur le sol … et beaucoup de glaives, brisés à la garde ou au milieu de la lame. Aucun chevalier n’avait été touché. Ils paraissaient satisfaits de leur bravoure. Et le convoi les rejoignit, roulant sur les os qu’il broya dans des bruits macabres. Flavius fit la moue en voyant les cadavres sur le sol. Lui aussi en avait déjà combattu, comme les deux autres maîtres. Il comprit, au regard de son compagnon Templier, que l’affaire avait été rondement menée et sans aucune difficulté. Ils dépassèrent rapidement les lieux du carnage et trois kilomètres plus loin, firent une halte. Les chevaux se reposèrent, les cavaliers également. Avec Arthur, Cortez s’enfonça plus avant dans la Vallée. Il fit part de ses doutes au Roi qui écoutait attentivement tout en se lissant la barbe. « Je comprends parfaitement » fit-il. « Vous avez plus d’expérience que moi dans ce domaine. J’avoue qu’ils m’ont surpris par tant de faiblesse…Cela dit, même s’ils avaient la force d’un humain, cela ne me gênerait pas et j’en viendrai facilement à bout ! » Etait-ce de l’arrogance ? Cortez se gratta la nuque, dubitatif. Il allait répondre lorsque de la pierraille tomba à leurs pieds. Ils dégainèrent leur épée et pivotèrent dans un même mouvement. Cortez leva son bouclier, juste à temps : le choc le projeta à terre. Il roula sur le sol, avant de bondir et de se rétablir sur ses pieds, tout en souplesse. La créature se relevait. Peau rouge, yeux noirs et sans vie, des dents jaunes et aiguisées, une tête ronde sans nez, de longs bras décharnés, des ongles pointus : une goule ! Celle-ci bondit en avant. Cortez se campa sur ses pieds et dévia la charge de son bouclier avant de riposter aussi brutalement que possible. Son épée ricocha sur le bras, entaillant légèrement la peau. Pendant ce temps, Arthur parait les coups de pattes d’une seconde goule. Vive, rapide, agile, elle tournait autour du Roi. L’homme la regardait aussi impassible que s’il s’était agi d’un humain. La goule bondit. D’un pas de côté, il esquiva la charge et abattit sa lame. La nuque se brisa, projetant sang et débris de cervelet sur le seigneur qui recula. Le monstre s’abattit à ses pieds. Il tenta de se relever mais Arthur, ne lui en laissant pas le temps, le décapita. Cortez entendit les griffes de son adversaire racler sinistrement sur l’acier de son écu. Il feinta à droite et porta une botte à gauche, empalant son ennemi. La créature bondit en arrière et revint à l’assaut, indifférente au sang qui perlait de sa blessure. Cortez se baissa et la créature ne rencontra que du vide. Il pivota et se retrouva face à la goule…qui gisait au sol, sans tête. Arthur jubilait. « Un peu plus forte ! », fit-il, sarcastique. « Les goules se déplacent en groupe », déclara sombrement Cortez. « Il doit y en avoir d’autres dans les parages. Et à deux, nous ne pourrons pas faire grand-chose ! » « Et votre magie ? » « On verra ! » Ils retournèrent au campement et prirent un peu de repos. Environ une heure après, le convoi repartait. Il dépassa le lieu où les goules avaient été tuées : celles-ci avaient disparu. Arthur et Cortez se dévisagèrent, surpris. Ils n’eurent pas le temps de mener plus loin leur réflexion : une bande de ces ignobles créatures leur bloquait le passage. Elles étaient une dizaine. Les Maîtres se regroupèrent. « Allons-nous tenter de forcer le passage ? », demanda Casper. « Non, nous allons les abattre ! A coup de boules de feu dans le museau !», répliqua Cortez. « La magie sera-t-elle efficace ici ? Et n’allons-nous pas gâcher nos pouvoirs pour rien ? », interrogea Jacques, anxieux. « Nous nous reposerons avant d’invoquer le sort de téléportation », fit Cortez. Un regard en arrière lui apprit que les chevaliers n’étaient pas vraiment disposés à se battre contre les goules. Certains se signaient, d’autres priaient à voix basse. Brusquement, les goules se mirent à avancer. « Plus de temps à perdre ! », aboya Cortez Il leva les mains, les brandit, paumes en avant et murmura quelques mots. Aussitôt, deux boules de feu jaillirent et percutèrent autant de créatures, les envoyant rouler au sol, dans des cris stridents. Flavius eut une autre idée : tendant une seule main, il agita ses doigts et prononça une formule. Aussitôt, une langue de feu jaillit de sa main et enveloppa quatre créatures, les brûlant vives. Les deux autres maîtres se concertèrent tandis que, les chevaliers, tous autant qu’ils étaient, contemplaient la scène, ébahis. Casper tendit les mains vers le ciel, leva la tête et se mit à chantonner. Aussitôt, la foudre s’abattit au milieu des créatures, les projetant pèle mêle, en tous sens, désossées. Jacques de Clivert n’avait pas pour habitude de lancer des sorts offensifs. D’ailleurs, il n’en connaissait que très peu. De nature pacifique, il préférait de loin les sorts de guérison ou de défense. Mais il n’avait pas le choix. Il ferma les yeux et joignit les mains, paume contre paume. Il ânonna une courte litanie. Un triangle rouge fusa vers les goules. Le sort déchiqueta l’une d’elles. Le triangle plana, laissant derrière lui une traînée rouge presque transparente, bifurqua vers la gauche et traversa de part en part le crâne d’un second monstre avant de revenir dans les mains de l’Hospitalier. Le Maître hoqueta et lança une nouvelle fois le sort. Cortez en était à sa douzième boule de feu. Sur le sol gisaient autant de cadavres. Affolée, la meute de goules commençait à reculer lorsque la foudre s’abattit sur l’une d’elles, en projetant une autre dans les airs, démembrée. Les autres prirent la fuite, poursuivies par une langue de feu. Une des créatures, touchée, s’écroula à terre, en hurlant. Elle se tortilla un moment avant de terminer son agonie dans un râle plaintif. « Mes félicitations », déclara Arthur. Il avait l’air sincèrement impressionné. Ses compagnons également. « Bon, nous n’allons pas nous attarder dans le coin », lâcha Cortez, bourru mais secrètement flatté. « En route ! » Et le convoi s’ébranla à nouveau. Au passage, les chevaliers regardèrent les corps des goules qui se décomposaient à vue d’œil. Des soldats frissonnèrent. Les chevaux hennirent, mais le convoi passa. La nuit commençait à tomber. Cortez voulait s’éloigner le plus possible du champ de bataille. Ce ne fut donc que tard dans la soirée qu’ils s’arrêtèrent pour installer le campement. Cette fois, on alluma plus de feux que d’habitude. Ils dormirent mal, cette nuit là. Tous avait l’esprit hanté par des fantômes. Les Maîtres également, qui bénirent leurs compagnons et lancèrent des sorts de protection. « Vrai ou faux spectres ? », demanda Flavius. Cortez l’ignorait. On l’avait désigné chef de convoi. Il se tourna vers Arthur et ses compagnons, les seuls dont les rêves n’avaient pas été visités par des apparitions. Alors que la terreur et la fatigue de la nuit se lisaient sur les visages, les leurs restaient calmes et résolus. Arthur, surtout. Il avait l’air impatient de retrouver son épée Excalibur. Cela, Cortez pouvait aisément le comprendre. « Ces spectres doivent bien sortir de quelque part ! », reprit Flavius. « Des aventuriers égarés, morts, ici peut être », fit Cortez. « J’espère que cela ne se reproduira pas toutes les nuits ! » « Moi aussi », souffla Flavius en tournant bribe pour remonter le convoi en sens inverse. « Personnellement, je me pose une autre question », déclara Casper en faisant trottiner son cheval vers le Templier. « Quand sortirons-nous de cette vallée maudite ? Nous n’y avons rencontré que des ennuis. Un aventurier seul ne peut en revenir vivant, c’est évident ! » « Je ne puis répondre à ta question, mon ami », fit Cortez d’un air soucieux. « Pas dans l’immédiat en tout cas ! » De fait, la vallée formait à cet endroit un nouveau coude. |
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Age : 23 Inscrit le : 24 Mai 2006 Messages : 110 Localisation : paris
 | Sujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman Dim 1 Oct - 16:19 | |
| Chapitre Seize Arrivée Le chemin se rétrécissait de plus en plus, si bien qu’un instant, Cortez crut que le convoi ne pourrait plus avancer. Heureusement, il se trompait. La Vallée se faisait plus étroite, certes, mais le convoi pouvait encore circuler. Se lissant la barbe, Arthur regardait à droite et à gauche : « Ce lieu me rappelle quelque chose…un lointain, un très lointain souvenir ! » Cortez voulait bien le croire. D’après Sirius, il était possible de retrouver, dans certains mondes, des lieux connus et qui ne changeaient guère. « Lugubre», fit Casper en s’approchant d’eux. Devant ses yeux, un monde minéral, sans vie, une masse immobile taillée par les affres du temps. Et de temps en temps, quelques ossements épars jonchant le sol. Soudain, Arthur s’immobilisa. Cortez leva les yeux et faillit tomber de selle. Devant eux, se dressait un portail gigantesque. En bois, décoré de motifs en reliefs, esprits et créatures, monstres et humains. De chaque côté du portail, un mur très haut et, semble-t-il, très épais, fait de pierre blanche. Afin de reprendre contenance, Cortez se racla la gorge. Le portail était surmonté d’une voûte de pierre sur laquelle étaient gravées des runes, dans une langue ancienne. « Je ne connais point cette langue », déclara t-il au bout d’un moment. « Moi si », déclara Jacques en s’approchant. « Durant mes longues pérégrinations, j’ai appris maintes langues, dont certaines oubliées depuis des temps immémoriaux. Celle-ci ne m’est pas étrangère… » Il se tut et regarda Cortez qui plissa le front. « Et bien, on attend ! » De Clivert eut un rictus. « Je vais tenter une approche la plus correcte possible. Sauf erreur, le texte dit ceci : « Ce passage mène au-delà du temps et des horizons. Seuls des êtres purs peuvent passer et en revenir. » Des murmures parcoururent le convoi. « Et quel est le critère de pureté ? Comment pouvons-nous savoir si nous sommes purs ? », demanda Flavius. Jacques haussa les épaules. Après un bref instant d’hésitation, Cortez, conscient qu’il ne s’agissait pas de tergiverser trop longtemps, déclara : « Le convoi restera ici ! » Il se tourna vers Arthur, Yvain et Lancelot et les désigna : « Vous, venez avec moi et toi aussi Jacques. Les autres, vous restez ici et vous nous attendez ! » « Et comment entre-t-on ? », demanda Arthur. « Peu-être, suffit-il de pousser les portes ? », suggéra Casper sur un ton sarcastique. « Elles doivent peser des tonnes ! », fit remarquer Flavius Cortez mit pied à terre. Jacques et les chevaliers de la Table Ronde l’imitèrent. Un instant, le Templier examina la porte, puis poussa le battant de droite… celui-ci aussitôt pivota. Face à eux, ils ne distinguèrent qu’une lumière blanche, diffuse et aveuglante. Alors, après avoir fait un signe de croix, Cortez, prenant son courage à deux mains, entra le premier, rapidement imité par les chevaliers de la Table Ronde puis par Jacques. Et quand vous voulez les autres que vous postez vos nouvelles!!! |
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Age : 23 Inscrit le : 24 Mai 2006 Messages : 110 Localisation : paris
 | Sujet: Re: Les Croisades Fantastiques-New Roman Dim 29 Oct - 11:35 | |
| « Bon sang…L’endroit n’a rien d’engageant. L’air semble particulièrement malsain ! », grommela Flavius en descendant de la barque qui les avait amenés, lui et ses compagnons, sur cette plage. Face à eux, d’imposantes montagnes grises, arides, aux sommets enneigés semblant toucher le ciel. « Dieu merci, nous n’aurons pas à grimper ! », soupira Casper, « du moins, pas très haut ! » « Elles vivent en ermites ? », questionna Valius. Ils avaient repris la mer et navigué pendant quatre jours vers le continent. Un continent montagneux, au relief volcanique, extrêmement tourmenté. Ils avaient débarqué sur l’unique plage, une plage de sable noir : de la cendre volcanique. Le pied de la montagne se trouvait à moins de deux cents mètres. « Oui » répondit Jacques de Clivert, laconique et distrait. Son regard s’était posé sur les entrailles d’un navire…une véritable carcasse. Les flots entraient et sortaient, battant ce qui restait de la coque : des planches disjointes, vermoulues, pourries, recouvertes d’algues, de mousse et de moules. « Bon, nous n’allons pas rester ici indéfiniment !», reprit le Templier, revenant à la réalité. D’un pas décidé, il se mit en route. Les autres se concertèrent du regard avant de l’imiter. Ils parcoururent rapidement la distance qui les séparait de la montagne, sous le regard des marins armés de mousquets. Les Maîtres ignoraient tout des armes à feu qui bouleversaient foncièrement l’art de la guerre tel qu’ils l’avaient connu et pratiqué, avec son code d’honneur, ses règles de conduite chevaleresque. Le progrès est bon s’il est inspiré par Dieu, dangereux s’il l’est par Satan. Et, dans ces armes, ils ne pouvaient s’empêcher de voir l’œuvre du diable. Voilà ce qu’elles étaient : des armes diaboliques, capables de tuer à distance, maniées par des ennemis lâches, couards, n’ayant pas l’audace d’affronter l’adversaire en face. Mais ils gardèrent leurs réflexions pour eux. Il s’agissait d’armes redoutables, ils ne pouvaient en disconvenir. Et, après tout, n’est-ce pas la finalité qui compte ? Anéantir le Mal est une cause noble d’inspiration divine qui, sans doute, justifie le recours à de telles méthodes ! Un étroit chemin rocailleux serpentait à travers la roche. Les bottes crissaient sur les gravillons. Le sentier était glissant. Plus d’une fois, ils risquèrent la chute mais réussirent, chaque fois, à se rétablir de justesse. Le sentier les mena à une grotte. De chaque côté de l’entrée, des runes sculptées dans la roche. Elles scintillèrent un instant, lorsque les compagnons s’immobilisèrent sur le seuil. Surgissant de l’obscurité, une femme apparut, accompagnée de deux autres qui se tenaient derrière elle, légèrement en retrait. C’était la beauté même, toutes trois aussi belles les unes que les autres. « Nous vous attendions », fit la première. « Plus tôt », acheva celle qui se trouvait derrière à sa droite. Toutes trois pouffèrent d’un rire complice. La première reprit : « Je me nomme Angee, et voici Cassy et Océane. Nous sommes sœurs. Trois sorcières. Êtes-vous venus mener une chasse aux sorcières en règle ? … Ou bien avez-vous besoin de notre aide ? » « Si vous nous attendiez, mesdames, vous connaissez la raison de notre venue.», rétorqua Cortez du tac au tac. Angee éclata de rire. Un rire cristallin. « Bien sûr. Le Mal est là. Vous avez besoin de magie…puissante. Sans nous vanter, nous pouvons vous être très utiles, mais il n’y a pas que la magie qui vous aidera ! Votre âme, votre cœur, aussi ! Sans le cœur, vous ne pourrez triompher ! » « En attendant, nous avons besoin de vous. » « Vous admettez difficilement que des femmes puissent être puissantes, n’est-ce pas ? », fit Cassy. Cortez concéda : « Les hommes ont cette réputation, en effet … Il est vrai qu’elle est parfois méritée. Mais pour moi, ce qui compte chez l’être humain, homme ou femme, c’est la valeur…Mes compagnons, j’en suis certain, partagent mon avis…Je n’en dirais pas autant de Sirius, le Grand Inquisiteur. Mais a-t-il le choix ? » Suivit un silence que rompit Angee : « Vous parlez bien, Sire Cortez. » Elle se tourna vers ses sœurs qui acquiescèrent. « Laissez-nous le temps de prendre nos effets et certains artefacts, messieurs. Nous serons bientôt prêtes… » Elle leva alors un doigt : « Mais avant tout, une condition : assurez-nous que vous nous laisserez libres de nos décisions et de nos actes. » Les Maîtres jurèrent, sur leur Ordre. Valius se contenta d’opiner. Angee lui jeta un bref regard surpris, puis les sœurs entrèrent dans la grotte et disparurent. « Nous n’avons pas parlé au nom de Sirius », fit alors Casper « Elles le savent parfaitement », assura Flavius. Cortez se tourna vers Valius. Le jeune homme le dépassait d’une bonne tête. « Je me demande bien pourquoi nous vous avons fait venir ici. Vous êtes un redoutable guerrier, certes, mais vous n’y connaissez rien en magie…Or, de Monton, lui, la connaissait. Ne vous a-t-il donc rien appris ? » Valius hocha négativement la tête. Cortez soupira. « Nous verrons quand le moment viendra. Il disait qu’il avait tout le temps devant lui. Finalement, il est mort avant d’avoir pu former un élève ! Tant pis, nous devrons faire avec ! » « Nous sommes prêtes ! », annonça alors Cassy en sortant. Les trois sorcières portaient des sacs, très chargés, apparemment. Cortez tendit les mains et Angee lui passa ses valises. Les autres compagnons l’imitèrent et reçurent leur charge. Le petit groupe redescendit la montagne et grimpa dans la barque. Les chevaliers confièrent les bagages aux marins. Puis la petite embarcation fila vers le Redoutable. Ils devaient aller retrouver Sirius. |
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