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Solmyr




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Localisation : Au milieu de la savane africaine, des lions me tournent utour et des vautours guettent ma mort^^

MessageSujet: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:38

Que de mieux pour faire lançer cette section que de mettre .....Alinouchet ^^

Muahhahahahahah

Aliniär , Roi de elfes


De son armure scintillante
Il fait reculer les ombres
Et de sa lance brillante
Il affronte les choses sombres

Telle une torche ravivée
Sa lance perçe les ténèbres
Et dans ses méandres sinueux
Même la plus étincelante des âme se perd


PROLOGUE


Le ciel était sans étoile , seule la lueur blafarde de la lune illuminait la cime des arbres endormis . Une légère brise faisait murmurer entre les buissons touffus des bois tandis que les ruisseaux tranquille clapotaient joyeusement dans des gerbes de perles éclatantes. Et au milieu d’une grande clairière trônait Fanär , demeure des plus sages esprits des terres de l’ouest , demeure des elfes . Le palais était entièrement drapée de blanc et irradiait une aveuglante lumière. Ses rayons couraient et se frayaient un chemin au milieu des troncs noueux de la forêt pour aller mourir dans la pénombre de la nuit . Sur tout le pourtour de l’édifice sinuait un sentier de graviers pâles . Dans un discret craquèlement cheminait dessus Sanafïr ,seigneur de la forêt. Son visage ferme aux traits fins abritaient de longs yeux d’un bleu profond , sévères et impénétrables. Surplombés de fin sourcils noirs de jais , tout aussi noirs que ses longs cheveux qui allaient se perdre dans les méandres de sa toge immaculée .
Puis il atteignit de petits escaliers qu’il monta doucement . Ensuite il longea un couloir aéré , parcouru de longues colonnes qui prenaient la forme d’anges et de guerriers divins . Enfin il bifurqua sur la gauche dans un mouvement ample de son habit avant de déboucher dans une immense pièce circulaire . A plusieurs mètres du sol s’arquait une voûte tapissée de fresques et perçée de plusieurs lucarnes qui laissait filer dans la salle de fin rayons lunaires . Vers le nord crépitait un feu joyeux dont les formes dansantes se calquaient sous formes d’ombres et de lumières sur le sol blanchâtre. Au dessus de la cheminée était creusée une petite alcove ou trônait une statuette d’ange blanche , ses ailes rosies par le feu étaient déployées sur tout le diamètre du petit espace . Et ses yeux vides fixaient la porte d’entrée inlassablement , éternellement. Sur les murs courait une multitude d’entrelacs éclatants , qui convergaient tous vers le centre de la haute voûte. Ces figures gracieuses s’écartaient parfois pour exhiber une figure du passé .
Sanafïr obeserva longuement la statuette , intensemment. Son ombre fine dansait sur le sol au rhytme des flammes écarlates de l’âtre. Soudain un bruit de pas feutré vint à ses oreilles pointues , il se retourna calmement . Devant lui se dressait un femme au visage fin éclairé d’un sourire discret. Elle possédait de longs cheveux blonds qui descendait en cascade sur sa robe bleue qui dévoilait ses formes gracieuses . Entre ses bras elle tenait une petite boule de tissu mouvante . Les yeux du seigneur se mirent à pétiller de joie et il s’avança rapidement au devant de l’elfe . Celle-ci lui tendit le paquet . Sanafïr s’en empara delicatement pui écarta un pan de tissu pour dévoila le visage d’un enfant . Son enfant. Le bambin souriait inlassablement et agitait devant ses yeux bruns de petites mains potelées. Puis il interrompit son jeu et lorgna gaiement son père qui le leva au ciel .
A présent il pleurait de joie , une joie indescrïptible qui irradiait son esprit . Et entre deux larmes de bonheur il murmura puis scanda :
« Aliniär .... »













CHAPITRE I : Dans les eaux de la mort



Un pas à gauche pour eviter le sabre , puis baisser le sabre dans son dos . Mais il arrive à parer assez facilement , il tenteune attque de croc au niveau du ventre mais son adversaire tournoie etpose son arme sur son cou . Les deux combattants restent ainsi longtemps dans une certaine tension. Puis tout deux éclatent de rire. Aliniär aide son ami à se relever et ils vont s’affaller dans un lit de feuilles mortes .
C’était l’automne et le soleil irradiait une lumière pâle et froide qui blanchissait les feuilles orangées qui tapissaient la clairière ou s’entrainaient les deux jeunes elfes . la cime dénudée des arbres découpait le ciel de ses formes tourmentées comme autant de lances acérées. Aliniär empoigna sa gourde et se gorga d’eau fraiche et limpide jusqu’à plus soif . Seïal faisait de même de son coté. Quand il finirent de se reposer des lambeaux de nuages sombres striaient le ciel gris. Dans un même élan les deux amis fourgèrent leurs affaires dans des sacs de tissu fin et rangèrent leurs sabres dans leur fourreaux avant de prendre le chemin du retour.
Après une courte marche la pluie commençé à tomber , l’eau froide coulait le long des troncs comme du sang sur les écailles d’un dragon endormi. Le murmure des traits glaçés sur le sol emplissait à présent la forêt d’une rumeur lugubre. Les deux compagnons accèlerèrent le pas pour fuire le ciel grondant. Soudain ils débouchèrent aux cotés d’un grand étang. L’eau d’habitude si plate se ridait à un rhytme éffrené et ses petites vaguelettes allaient clapoter sur la rive boueuse. Un vent violent plaqua les cheveux de Aliniär sur son visage mouillé , d’un revers de main il les écarta ,il ne savait pas pourquoi mais il restait planté là au lieu de courir chercher un abris. Et comme hypnotisé il se rapprocha des eaux noires , comme attiré par leur grondement immuable. Seïal lui hurla de revenir mais ne parvint aux oreille du jeune prince qu’un échos lointain , emporté par les bourrasques sifflantes. Un pied dans l’eau , puis deux. Puis les jambes. A ce moment là Aliniär se retourne , son regard est maintenant vitreux ,sans émotion. Il voit son ami courir vers lui et patoger péniblement. Enfin Aliniär n’a plus pied et il s’enfonce dans l’eau agitée , il est comme happé par les profondeur. Peu à peu les rayons discrets du soleil s’estompent et les ténèbres l’entourent. Au fond de l’eau il entend comme un ricanement funeste et il reprend conscience. Il faut fuir mais il ne peu plus , des langues de brume noire ensserrent tous ses membres et l’attirent vers les profondeurs de la mort. Les sons étouffés des profondeurs lui parraissent plus flous , plus lointain encore et sa vue se voile doucement. Son esprit vogue vers les ténèbres douces, bienveillantes .....

Et à sa plus grande surprise il se réveilla lové dans un lit moelleux , le corp couvert d’une fine couvrture de soie blanche. Ses yeux encore somnolants furent éblouis d’une chaude lumière , on pouvait entendre la piaillement des oiseau et à la fenêtre gouttaient encore quelques gouttes scintillantes. Seïal était à son chevet , ainsi que Sanafïr. Tout deux avaient le visage éclairé de grand sourires.
« - Que s’est-il passé ? balbutia Aliniär
- Tu es encore trop érinté pour que nous te le racontions , lui repondit son père d’une voie apaisante ..
- Mais ... j’étais dans l’eau et .... et puis plus rien . Je veux savoir , je veux comprendre
- Tu sauras tout ce qu’il y aura à savoir bien assez tôt. Maintenant repose-toi . Saches juste que Seïal est digne de confiance ... Puis dans un léger bruissement d’étoffe il se leva de son fauteuil frangé et quitta la chambre.
- Vous revoilà . reprit Seïal . J’avour qu’un moment je ... je n’y aurais pas cru ...
- Appelle moi par mon prenom silteplait .
- Euh oui mons..euh. Aliniär . Reposez vous bien.
- Aliniär rit de bon coeur mais ne lâcha pas sa curiosité , Que m’est-il arrivé ?
- Bon , vous avez été pris par cet ... étang et je vous ais ramener à la berge , là j’ai souffler dans mon cor et une patrouille est venue nous chercher . C’est tout.
- Mais de quelle magie sont animés ces flots ?
- Je ne sais point .... Dormez ... Dort bien... »

Seïal repartit silencieusement et ferma le léger battant de laporte derrière lui , abandonnant Aliniär à ses pensés. Seul face au silence agréable de la pièce , seulement troublé par le ruisselement d’eau de pluie au devant de al fenêtre et le piaillement d’oiseaux heureux de revoir le soleil lumineux qui emplissait d’une douce chaleur tout les bois étincelants....







CHAPITRE II : Excursion en forêt


Cela faisait 355 années que Aliniär eu vécu cette mésaventure mais elle était toujours profondemment gravée dans sa mémoire. Souvent il allait observer l’étang , seul. Puis cette habitude commença à l’abandonner et rapidement il n’y allait plus , plus jamais. Il préférait rôder dans la frontière sud-ouest de la forêt.
Un jour qu’il se baladait en compagnie de Seïal , un jour de printemps. La journée était fraîche et un doux soleil au milieu d’un ciel bleu balayait la cime des arbres , en certains endroits des rayons de lumière parvenaient à se frayer un chemin à travers l’épais feuillage pour aller taquiner les bas buissons de baies. Les deux elfes étaient en armure légères , des armures d’habillage , quelques plaques couvertes de dorures sur les jambes et les épaules ainsi qu’un habit de cuir fourré de laine douce. La lumière du jour se reflétait sur leur équipement poli et ainsi affublés il semblait être des étoiles , des étoiles qui avançaient paisiblement le sabre à la ceinture.
Alors qu’ils traversaient un ruisseau gorgé d’eau un faible grognement vint à leurs oreilles , un grognement qui venait de l’ouest. Par reflexe les deux elfes se courbèrent et avançèrent d’un pas feutré vers ce qui semblait être l’origine de ces bruits , ils se tapirent dans un buisson et écartèrent quelques branches. Devant leurs yeux cheminaient deux immonde créatures montées sur des choses tout aussi répugnantes. Les premières avaient l’allure d’orques à l’exception que leur peau était d’une pâleur extrême , presque transparante. Si bien que des veines saillaient de leur muscles suitants. Ils étaient tous deux bardés d’armures bosselées et granuleuses ainsi que de casques aux formes étranges qui cachaient leur visage surement tout aussi hideux que le reste de leur corp. Leur monture , elles, ne faisaient pas exception à la règle , elle avaient une tête féline qui surplombait des corps d’araignées noirâtres , au pattes velues et crochetées. Et des queues touffus s’agitaient pitoyablement au dessus de dards brillants.
« Des chevaucheurs de Férachnes , surement des éclaireurs. Il faut les tuer . chuchota Aliniär »
Seïal aquiesca et dégaina lentement son sabre en tentant de le soustraire aux rayons du soleil pour plus de discrétion. Les orques semblèrent sentir leurs odeurs , il humaient l’air, méfiants, enfin ils se décidèrent à reprendre leur route. C’est à ce moment là que les deux elfes choisirent pour attaquer.
Aliniär bondit du fourré et chargea le sabre au clair , suivit de prêt par Seïal. Les chevaucheurs pivotèrent rageusement , l’un d’eux empoigna un arc de bois noir , encocha une flèche tordue et tira. Le projectile siffla aux oreilles de Aliniär qui ne fit qu’accèlerer la cadence. Le deuxième orque fit « cabrer » sa monture et entamma une charge grondante. Seïal bondit de côté et trancha une pâte de la férachne. La créature glapit et s’affaissa dans un grand nuage de poussière tandis que son sang noir maculait le sol. Aliniär avait déjà décapiter la monture de son adversaire et avait entammé un duel à mort contre lui. Le monstre abbattit une rapière émoussées sur le prince , celui-ci pivota et attaqua de croc . L’orque para en beuglant et tenta d’atteindre le coup d’Aliniär. Mais avant même que son arme soit à un mètre du cou de l’elfe il était dejà evisceré , il s’écroula au sol , les yeux écarquillés de stupeur.
Seïal avait fait de même de son côté et était en train d’achever la férachne meurtrie. Il se retourna et souleva une mèche de cheveux qui lui couvrait le visage avant de dire d’un air grave « il faudrait prévenir ton père , il n’est jamais bon de rencontrer des éclaireurs des pâles ».
Aliniär , pour toute réponse , partit en direction du palais. L’heure était grave et les bois étaient menaçés par des ennemis terribles. Ils arrivèrent au palais au coucher du soleil , qui déjà de sa lueur écarlate rosissait la terre. Les oiseaux commençaient à arreter leur piaillement incessant et les fleurs à se refermer.

Le duo s’engouffra dans la demeure rapidement. Dans l’allée de colonnes s’imiscaient quelques pétales arrachés par les vent , virevoltant à l’arrivée de quelqu’un. Ils tournèrent à gauche pour déboucher dans une grande terrasse ouvrte , cerclée de piliers fins et ouvragés. Sur la droite ruisselait l’eau limpide d’une fontaine ou se reflétait la stature d’un arbre paré de jeunes feuilles vertes. Le sol de pierre était décoré de motif gracieux , représentant étoiles et soleils , anges et démons. Vers le fond de l’espace était sculpté un immense trône de pierre , coincé entre les jambes d’une statue de marbre rosie par le soleil couchant. Et sur ce trône siégait Sanafïr , seigneur de Sempir. Sage parmis les sages , débordant de tristes souvenirs mais aussi de jours heureux. Et de ses yeux emplis de souvenir il scrutait les deux nouveaux arrivants. D’un geste solennel il les convia à se rapprocher.
Il écouta attentivement les paroles de son fils , impassible. Une fois le récit finit il se contenta de hocher de la tête discrètement et de frotter son menton fin. Aliniär et Seïal partirent sans plus de cérémonie....
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Solmyr




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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:38

CHAPITRE III : Réunion des belles gens


Quelques minutes après on put voir déambuler dans les couloirs sinueux des dizaines d’elfes en robes blanches , brunes ou bleues qui tous se dirigeaient silencieusement vers la salle du conseil. Telle un cortège funèbre aucun mot ni aucun geste significatif ne s’achappait de leur personne. Et enfin les lourds battans de la salle du conseil se refermèrent bruyamment laissant les curieux prostrés devant les fins bas-relief qui l’ornait sur toute sa surface.
Des heures et des heures passèrent avant que la lumière du jour ne puisse de nouveau se frayer un chemin dans la pièce. Très vite un des grands coneillers rassembla les habitants de la cité sylvestre , sur une grande esplanade se massaient une foule personnes toutes plus belles que les autres , leur teint clair reflétant sobrement l’éclat chaleureux de l’astre solaire. Un murmure grondant courait à travers les rangs chamarrés qui englobaient une estrade de pierre blanche. Et sur le ponton immaculé arriva cérémonieusement l’elfe tant attendu. D’un geste ample et d’une lenteur calculée il calma la rumeur rapidement. Tous étaient maintenant prêt à boir touteses paroles comme si s’eut été de l’eau fraiche après la traversée d’un grand désert. L’orateur s’éclaicis la voix puis déclama haut et fort :
« Mes frères , mes soeurs. Une menaçe pèse sur notre forêt , celle que nous cherissons tant et dont la sagesse dépasse l’entendement. Tout ceci est menaçé et si rien n’est fait , ce témoignage silencieux des âges s’étteindra , comme s’éteint un feu de paille... L’elfe laissa la foule assimiler ces premiers mots avant de reprendre .
Le grand coneil en est arrivé à une solution évidente : nous devons combattre ou périr. Vous l’aurez peut-être remarqué des émissaires sont partis pour nos cités soeurs et quémander out soldat disponible.
Cette force , comme le veut la tradition , sera dirigée par Alinïar , fils de sanafïr seigneur de notre peuple. Nous tous devons nous tenir prêts , lesportes doivent être scellée , les villes tenues... »

Et sur ces mots ilse retira , laissant la foule en pature avec ses propres doutes et pensées. Puis les gens se dispersèrent dans un silence presque mortuaire. La lumière argentée de la nuit drapa bientôt les nombreux édifices éclatants d’une étoffe pâle et froide. Pendant ce temps là , dans les souterrains du palais sylvestre se préparait une grande chose...
Alinïar avait rejoint son père sur la terasse nord , de la cime des arbres sombres exhalait une odeur de pin fraiche , vivifiante. Quelques bourrasque légèrent faisait monter un chuchotis sourd et étouffé. A l’est serpentait le rivière de Asniel tel un serpent d’argent au milieu d’un limon putride ou se formaient à chaque repli comme des lames de feu glaçé. Aliniär observait tout ceci , paisible. Les yeux emplis de détermination ternie par des questionnements multiples. Son père le tira de sa rêverie d’une petite tape dans le haut du dos , sur le visage d’habitude si ferme de Sanafïr s’esquissai un fin sourire et il entonna clairement et doucement à la fois :

-« De son armure scintillante
Il fait reculer les ombres
Et de sa lance brillante
Il affronte les choses sombres »
« Le prêtre chargé de te faire naitre m’a dit ceci , l’avenir n’est pas si sombre que tu le penses à ce jour , il n’est pas non plus rayonnant. Rien n’est sûr mais nous pouvons esperer , penser et affronter le destin , ainsi tu dois voir les obstacles nombreux qui se dresseront sur ton chemin.
-Je sais ce poème , je sais qu’il ne dit pas que ça et qu’on y parle aussi de la mort et de la perdition....
-Tune failliras pas , pas cette fois-ci , je suis confiant... »

Un guerrier couvert de plaques polies interrompit leur conversation et fit signe de le suivre. Sanafïr entraina son fils par les épaules et ils s’engouffrèrent dans le couloir ouvert de la face sud. Sur le mur se découpaient les ombres étirées des colonnes ou soupiraient des torsades gracieuses de lierre fin. Au fond descendait un escalier en colimaçon ou filtrait la lumière chatoyantes des vitraux imposants parsemés sur la surface du mur exterieur. Bientôt les ouvertures disparurent , témoignant du fait que la descente s’enfonçait dans la terre molle du bois.


La petite troupe continua son chemin à travers le boyaux souterrains. L’espace contrastait avec le palais en lui-même. Le sol était couvert d’un affreux limon suintant d’ou échappait un bruit de sucsion à chaque botte levée. Les murs étaient grossiers , de nombreuses pierres effritées affleuraient d’une couchede chaux humide. A intervalles réguliers se succédaient des torches à moitiéconsummées qui degageait une lumière jaunâtre qui se perdait dans les nombreuses toiles d’araignée qui pendaient au plafond. Agitées doucement par un faible mais continu courant d’air. Le tunnel était empli de froid et très vite Aliniâr se mit à greloter , de temps en temps il sentait tomber sur son corps une goutte d'’au glaçée.
Après une petite marche dans cette atmosphère lugubre ils débouchèrent dans une haute salle , bien plus ouvragée que les reste du tunnel , mais beaucoup moin que les constructions exterieures. L’endroit était construit tout en longueur , cerné par d’imposantes colonnes grossières qui soutenaient un plafond horizontal tapissé de fresques délavées. De petites flaques rougies par la lueur des torches stagnaient par-ci par-là. Au bout d’un « chemin » surélevé tronait un petit promontoir sur lequel était posé un sabre. Aliniâr s’approcha pour observer l’objet. Sa poignée était faite d’or éclatant strié de veines argentées , sur cette poignée était enchassé un rubis scintillant ou le jeune elfe pouvait voir son visage. La lame était effilée et bien aiguisée , si bien qu’elle en était presque aveuglante , elle était aussi finement creusée en certains endroits pour former sur toute sa longueur une inscrïption de runes à la signification oubliée mais qui luisaient d’une timide lumière bleue.
Sanafïr empoigna l’objet avec un tissu soyeux et le tendit à son fils. D’une main tremblante il la prit à son tour , observant de ses yeux ecarquillés les gravures si gracieuses. Le seigneur lui expliqua brièvement l’histoire de cette arme sacrée , ainsi que la signification des runes , enfin il déclara solennelement :
« Ceci est à toi , puisse tu t’en servir avec courage et force ! »
Ensuite il lui intima de le suivre pour remonter à la surface...
Ils repassèrent par le boyaux incliné , la pâle lueur de la lune commença à s’imiscer dans la pénombre , reflétant sa blancheur mortelle sur le moindre affleurement , créant un paysage quasi-féérique au silence seulement déchiré par le crissement des bottes sur le gravier. Au lieu de reprendre l’allée de colonnes Sanafïr pris une autre direction , il sortit une clée dorée d’un pan de son vêtement et ouvrit une petite porte blanche dans un cliquètement cristallin. Il poussa la battant , aucun son n’échappa des gonds huilés. Aliniâr lui emboite le pas , suivit par le soldat. Ils se trouvaient à présent dans une large pièce au s’enchevêtraient des bibliothèques surchargées aux formes sculptées dans leur bois dur. Les murs d’un rouge de vin commençait déjà à briller sous les premières lueurs de l’aubes qui filtraient par d’étroites meurtrières. Au bout d’une allée etroite une petite alcove était creusée dans le mur , dans cette alcôve était posé cérémonieusement un livre d’un vert raffiné , sa reliure marbrée d’or représentait un arbre feuillu qui scintillait de milles feux. Sanafïr farfouilla dans un petit placard et en sortit une longue plume d’oie et un pot encre d’un noir de jais. Quand il ouvritle livre , toujours sans un mot, une odeur entétante de pinède s’en exhala , d’un regard discret par dessus l’épaule de son père Aliniär put distinguer de fines runes elfiques embellies par quelques enluminures savamment disposées. Le seigneur des lieu trouva une page vierge et griffonna quelque chose avant de refermer brutalement le grimoire.
«- Que signifie ceci père ? demanda Aliniâr
- Il faudra bien que quelqu’un se souvienne des tes actes... »

Aliniâr hocha la tête humblement et suivit son père , ils sortirent de la mystérieuse bibliothèque pour se diriger vers la terrasse du trône , instinctivement le jeune elfe sentait qu’une cérémonie en son honneur se préparait...
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Solmyr




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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:39

Chapitre V



Au lieu d’une fête ou d’une cérémonie fastueuse Aliniär fut enfermé dans un petite pièce sombre. C’était une salle circulaire , à peine assez large pour laisser s’allonger un homme. Le plafond en coupole était perçé en son centre d’un petit orifice depuis lequel filtrait la lumière dorée du soleil levant qui allait s’écraser sur la tête de Aliniär. Les murs étaient de marbres , nervurés de striures bleues qui irradiait une froideur mortelle. Le sol était, lui, de pierre blanche et immaculée. Le jeune elfe avait été vêtu d’une cotte de maille argentée qui reflétait les rayons du soleil dans des tourbillons étourdissants de blancheur, il avait été aussi chaussé de botte de cuir brun terminées aux talons par de petites pièces d’or lustré au possible ainsi que de nombreuses pièces de cuir elles aussi vertes fonçées et pour couronner le tout une immense cape pourpre cascadait sur son dos et ondulait doucement à chacune de ses respirations avant de choir au sol dans de petits bruits de froissements.
Aliniâr pensait , il n’avait que ça à faire, il pensait à la bataille qui allait suivre, aux morts qui allaient venir. Après de longues heures planté là vint à ses oreilles des hurlements lointains, sauvage et rauques accompagnés d’un fracas de metal assourdissant. C’est à ce moment là qu’un soldat vint le chercher , les gonds soupirèrent et la battant percuta un des murs dans un bruit étouffé. Sans un mot Aliniär se dirigea vers la porte et le suivit. Les couloirs immaculés tremblaient, les rares lustres qui pendaient au plafond voûté cliquetaient sous les vibrations du bâtiment.
Le soldat conduisit son prince vers le hall d’entrée, au milieu de l’immense pièce se tenaient les quatres généraux du royaume ainsi que Sanafïr. Tous étaient bardés de fines plaques d’armures bien fourbies et étincelantes. Leur hautes statures gracieuses enveloppées de larges étoffes bleues fonçées donnait l'impression d'une assemblée d'anges. Le premier conseiller, bras droit du seigneur intima à Aliniär de venir d’un geste de la main. Son bras droit s’enroulait autour de son heaume d’or et d’argent tandis que sa main gauche courait sur une carte abîmée ou étaientt traçées tout les bosquets, tout les chemins et tout les ruisseaux dans des courbes sinueuses. Fasherîn, le bras droit, se racla la gorge et commença à parler tout en pointant différents endroits de la carte.
« - Environ cinq milliers d’orcs au nord du palais, ceux sont eux qui font tout ce rafus au dehors, aussi un de nos éclaireurs à reperer une colonne d’un autre cintuple de milliers qui venait de l’ouest. Je pense qu’il serait judicieux d’envoyer deux régiments sur ces derniers et de mobiliser le reste des troupes à la defense du palais et...
-En tout ils sont donc dix milles environ, les premiers ont pris position au nord dites-vous, il serait bon de les acculer vers l’étang noir, là les sombres puissances qui y règnent en tueront la plupart et les autres périront sous nos coups. Il faudrait tendre une embuscade à la deuxième colonne, la harceler jusque au bosquet de Stanlör et porter y porter le coup final.
-bien, nous suivrons vos ordres...
-Fasherîn, vous prendrez en main l’embuscade accompagné de vos seconds, moi j’attaquerais nos assiégeants... »

La réunion s’arrêta après ces mots, chacun rejoignit son régiment. Aliniär posa son heaume sur son crâne, la pièce d’armure était ornée de longs filins rouge et or qui retombait sur toute sa surface. Sur l’avant se superposait au niveau du front une large bande d’or qui reflétait les rayons éclatants du soleil de façon presque aveuglante. Le prince jeta un dernier regard mélancolique à son père avant de sortir par l’immense porte.
L’adrénaline monta d’un seul coup, c’était sa première bataille, son premier commandemant, il était d'ailleurs étonné d'avoir donné ses ordres si vite, entre ses mains se tenaient des milliers de vies. Peut-être même le destin du coeur même de la forêt....


Au dehors se profilait nombre de panache de fumée noire au dessus de la cime des arbres verts et touffus. Au devant de ce mur végétal de nombreux soldats s’affairaient à seller des chevaux, fourbir une dernière fois leurs armes ou tout simplement attendre en discutant. Malgré toute cette activité une tension palpable flottait dans l’air, marquant les visages de tous comme d’épaisses cicatrices. Aliniär se dirigea vers son cheval, Stanirûl. Un palfrenier était en train de calmer l’animal quand son prince arriva. Le garçon d’écurie était habillé d’une veste de cuir brun et luisant ainsi que d’un pantalon verdâtre. Sa chevelure blonde cascadait en tourbillons dorés sur ses fines épaules. D’un hochement de tête Aliniär le congédia et se mit en selle. Le cheval était un des plus beau que l’on puisse trouver sur ces terres, sa robe d’un noir de jais scintillait autant, si ce n’est plus, que sa selle incrustée de rubis et de saphirs parfaitement polis noyés au milieu d’entrelacs argentés.
« Et ce que je mérite pareille monture.. » pensa le jeune elfe, il pensait, comme toujours depuis ces derniers temps. Un cri de detresse le sortit de ses songeries, en effet une énorme roche venait de chuter juste devant un attroupement de soldats. Aux abords du projectile le choc avait charrié un amoncellement de terre et d’herbre humide d’où s’échappait quelques lambeaux de fumée. Il était temps de combattre. Un cor retentit, sa douce note emplissant la clairière de milles échos cristallins. A ce signal la troupe armée se mit en formation dans un tumulte metallique, en quelques minutes des blocs compacts de fantassins et de cavaliers étaient en alerte.
Aliniär rejoignit le premier de cavalerie tout en distribuant à la va vite quelques derniers ordres. Il vit la première ligne se mettre en branle, les archers encocher des flèches luisantes et le second de cavalerie partir sur la gauche de l’armée adverse. Parallèlement le régiment ou se trouvait le prince passa par la droite des orcs, s’enfonçant sous le couvert plein de fraicheur des arbres. Quelques rayons dorés filtraient à travers l’épais feuillage,s’imiscant parmis les corps irréguliers des buissons. Sur tout le sentier s’enchevêtraient de nombreuses racines tapissées de lichen. Parfois quelques branches basses se dressaient sur le passage du corp d’armée comme les gardiens silencieux de la paisible vie qui fourmillait en ces lieux. Par-ci par-là voltigeait des papillons aux couleurs chatoyantes, se poursuivants dans un ballet confus mais si ordonné à la fois. Quelques écureuils apeurés par le grondement des armes courait le long de lierres qui serpentaient sur les épais troncs des ormes, des églantiers ou des chênes robustes. Un si bel endroit pour mourir...
Le chemin se poursuivit ainsi, s’enroulant autour des nombreux bosquets, se coupant et se tordant face à quelques énormes rochers. Le plan était simple, contourner les lignes adverses et une fois l’ennemi au bord de l’étang, cet étang, empêcher toute fuite à ces répugnantes choses. Alors qu’ils s’apprêtaient à gravir un petit tertre pour observer le champ de bataille la ramure d’un gros arbre frémit. Et très vite en surgit dans un nuages de feuilles un orc. Bientôt suivit de quelques un de ses congénères, puis beaucoup d’autres. Si bien qu’ils furent bientôt une centaine à encercler les seulement cinquante cavaliers, un bel imprévu dans le plan d’Aliniär. A en juger par leur aspect et leurs nombreuses balafres ceux-ci étaient de puissants guerriers. Ils furent les premiers à charger. Aliniär embrocha de sa lançe un ennemi en première ligne, brisant ses côtes dans un craquelement sinistre. D’une vive impulsion il dégagea le cadavre et se rua sur un deuxième adversaire. Sa monture se cabra et lui écrasa le crâne tandis que le cavalier décapitait un énorme chef. De son côté, Esthiel, le capitaine tourbillonait sur son cheval comme s’il dansait. Tranchant et eviscerant tout ce qui rencontrait sa lame. Autour de lui se pressait une foule de monstres suintants qui commençaient à le submerger. Aliniär designa deux elfes du doigts et chargea sur l’attroupement, perçant sur son passage environ cinq guerriers. Soudain il sentit la morsure froide du métal courir sur sa jambe. Il hurla de douleur et se retourna, un orc habillé de vêtements exentriques et bardé d’épaisses de bronze s’apprêtait à donner un deuxième coup. D’instinct le cheval esquiva en hennissant pendant que son cavalier lançait son épée dans le coup de la créature.
Dans un beuglement de douleur elle se mit à chuter et avant même que son dos ne touche le sol Aliniär retira l’épée de son cou dans un flot cramoisi. La bataille dura jusqu’au bout ainsi, entre esquives et parades, coups et blessures. Enfin il ne restait plus un orc dans l’endroit, sauf quelque un qui fuyaient en glapissant. Mais à quel prix. Seul les trois quarts des elfes avaient survécu, dont la plupart avaient perdu leur monture dans le feu de l’action ou bien avaient perdu un de leurs membres. Et le soleil était déjà sur le point d’entammer sa course finale, orangissant la cime frémissante des bois. La mousse fraiche qui s’étalait au sol était à présent toute poisseuse de sang, empourprée comme une framboise trop mûre. Une multitude de silhouettes décharnées étaient empalées sur les troncs gémissants et grinçants au rhytme de fortes bourrasques. Tout était perdu, des larmes de desespoir montèrent à la gorge de l’elfe, la nouant aussi bien qu’elle humidifiait ses yeux rougis....
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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:40

Alors qu’il s’abandonnait au desespoir une main forte se posa sur son épaule, Aliniär sursauta et vit derrière lui le capitaine. Une profonde estafilade couvrait son visage pâle, elle partait du frond, s’élargissait sur son arcade avant de serpenter jusqu’à la pomette. On aurait dit un mort en le voyant ainsi, ses yeux ne dévoilaient aucune émotion, comme savent si bien le faire les elfes. L’officier lui murmura quelques paroles réconfortantes qui eurent meilleur effet que n’importe quelle drogue.
Aliniär se redressa en grognant, l’air farouche. Il se remit sur sa monture et hrula qu’on le suive, les blessés restèrent sur place, les cavaliers suivirent et ceux dont les chevaux avaient été tués couraient derrière. Aliniär grimpa le monticule terreux et vit se dévoiler sous ses yeux la bataille. L’immense clairière n’était plus qu’une sorte de nécropole ou gesticulaient quelques vivants. Le sol autrefois si vert était maintenant noirâtre et écarlate. Le ruisseaux qui coulait entre deux replis de terrains était devenu rouge et charriait de nombreux membres contusé qui allait parfois échouer doucement sur les berges empourprées.
Partout on ne voyait que morts et encore des morts, elfes et orcs au milieu desquelles joutaient à certains endroits des groupes restreints de guerriers bien que les orcs furent plus nombreux. La lisière des bois étaient parsemée de branchages calcinés d’où s’échappait des colonnes de fumée noire qui décrivait des courbes paresseuses avant de se perdre dans les rayons dorés du soleil.
Vers le nord le premier de cavalerie poursuivait une cinquantaine d’orc en direction de l’étang noir. Ils furent bientôt imités par Aliniär et ses compagnons qui se mirent à galoper derrière un groupe de fuyards. La masse suintante qu’ils pousuivaient était des plus répugnante, les créatures poussaient des glapissements pitoyables tandis qu’ils jetaient quelques regards apeurés sur leurs poursuivants, qui eux aussi n’avaient pas très fière allure. Aliniär rattrapa l’un d’eux et lui trancha le bras de son épée sacrée avant de l’achever en l’enfonçant dans son crâne. Enfin ils rejoignirent le couvert des arbres, il ne restait avant l’étang qu’une centaine de mètre, bien qu’il fut camouflé par le rideau végétal, comme une bête tapie dans un buisson guettant sa proie. Dans leur panique certains orcs se cognaient sur d’épais tronc d’arbres ou se prenaient les pieds dans des enchevêtrements de ronces. Ces malchanceux étaient vite tués par les elfes ivres de vengeance.
Puis ils débouchèrent sur les rives nues de l’étang. La plan d’eau étincelait de milles feux sous la lumière du jour, des étoiles éphèmères apparaissaient et disparaissaient au rhytme du frémissement des flots. Sous cette aspect engageant et paisible tout l’endroit respirait une cruauté sournoise. Un souffle bref balaya les alentours, emplissant les arbres d’un murmure opressant, ridant l’eau aux teintes verdâtres. Quelques ennemis, résignés à mourir dégainèrent de grossiers coutelas et firent face au groupe monté. Aliniär fonça à contre-coeur, les sabots de son cheval brisèrent la cage thoracique d’un des monstres tandis que lui-même en décapitait un autre. Très vite les rares résistants furent tués et leurs compagnons furent attirés vers les flots, comme hypnotisés.

Immédiatement après que les derniers se soient noyés le jeune prince éperonna Stanirûl et tira sur ses rennes. L’animal fit demi-tour et se remit à galoper de plus belle en direction de la clairière. Le combat y était toujours aussi âpre, bien qu’encore moin de belligérants y participent. Un petit groupe d’une demi-douzaine d’orcs s’acharnaient sur deux elfes apparemment épuisés. Les deux soldats combattaient comme des diables, leurs armures d’argent étaient toutes maculées de sang et ne reflétait plus que par fragments la lumière du ciel. Un des deux qui ne portaient plus son heaume tenta une attaque mais son visage fut coupé en deux, son corps inerte s’écroula au sol. Aliniär se dirigea vers eux et sur son passage faucha la moitié des agresseurs et dans un tourbillon de lame acheva les derniers.

Au bout de quelques heures comme ceci on ne voyait plus que des adversaires morts ou agonisants. Le firmament commençait à se draper de nuages gris. Très vite une fine et froide pluie s’abattit sur la forêt de Sempir, faisait cliqueter les armures et tumultuer les feuillages. Malgré que la nature ait l’air des plus malheureuses le coeur d’Aliniär était plus léger, la bataille était gagnée. Malgré l’odeur insoutenable qu’exhalait les cadavres l’elfe inspirait un bon coup, fier et heureux....
Et soudain il y repensa, ce souvenir le ramena à la dure réalité, et ce que Fasherîn avait sut accomplir sa mission ?

Après une longue cavalcade Aliniär et ses hommes arrivèrent au palais. Déjà le noir velouté du ciel nocturne avait pris la place du bleu clair de la journée, la lune était dissimulée par d’épais nuages, ainsi on ne pouvait distinguer que des ombres dans la nuit au milieu desquelles vacillaient la lueur de torche ouvragées.
A son grand soulagement Fasherîn était là, extenué. Il semblaient, lui et ses soldats, avoir bien réussi leur tâche. La confirmation vint d’un sourire discret.
Aliniär descendit de sa monture, sous son poid ses jambes fléchirent, il ne s’était jamais senti aussi fatigué. Il s’examina et vit que son armure était éventré sur tout son flanc droit et que d’innombrables tâches de sang la maculait. De nombreuses courbatures faisaient brûler son dos, ses bras et ses cuisses. Si bien qu’il ne pouvait qu’à peine marcher. Puis il s’écroula sur un tapis de mousse fraiche, le végétal spongieux lui paraissait d’un confort inouïe. Puis, les yeux fixés sur la voûte étoilée il s’endormit, les bruits d’armes et de discussions s’évanouirent peu à peu et la lumière argentée des astres s’étiola...

Quand il se réveilla il avait le visage enfoui dans un drap blanc et soyeux. Ce moment lui rappellait étrangement la fois où...il évacua ces sinistres souvenirs de sa pensée et se contenta de repousser la fine couverture où il était lové, enfila un pantalon vert tendre et une chemise couleur de crème avant de se diriger vers les cuisines. Autour de lui les oiseaux se réveillaient et piaillaient joyeusement, les rayons grisâtres de l’aube illuminaient la rosée du matin. Quelques elfes déambulaient paisiblement, gardes et civils confondus. Rien ne laissait penser qu’une terrible bataille avait eu lieu la veille sauf peut-être la mélancolie derengeant qui habitait les yeux de chacun.
Puis il arriva aux cuisines,il les les connaissaient bien, la pièce était immense, les murs blancs resplendissaient et prenait des couleurs veloutées au rhytme infernal des entrailles de l’âtre autour duquel s’affairaient nombre de cuisiniers. Il se servit un bol de soupe et du pain frais pour ensuite aller s’installer sur la grande table. Alors qu’il engloutissait son déjeuner Sanafîr vint s’asseoir à ses côtés. Il paraissait serain, le viel elfe se racla la gorge et parla d’une voix douce :
« -Tu as affrontés cette épreuve, tu mérite la confiance que j’avait en toi. En ce moment même les derniers survivants de ces monstres sont pourchassés par des patrouilles. Surement que leur souillure imprégnera la forêt pendant longtemps.
Toutefois tu as montrer ta bravoure, et je pense qu’il est temps pour toi...
-Temps de quoi père ?
-Tu le sauras bien assez tôt, pour le moment mange puis rejoint moi dans l’allée ouest.. »
Avant même que Aliniär ne puisse sortir un mot le seigneur se retira sans une parole, laissant le prince seul. En peu de temps il eut fini son petit déjeuner, alors il se dirigea vers les thermes. Là-bas il alla s’allonger dans un source chaude.
La douce chaleur des flots l’apaisait. Devant lui dansaient des volutes de vapeur nacrées qui tourbillonaient paresseusement comme des serpents de neige immaculée. Une fois sa toilette finie Aliniär se rhabilla pour ensuite se diriger vers l’allé ouest. Autour de lui tout le palais sortait de sa torpeur, le tonerre des forges se mit à gronder, le fracas des armes d’entrainement brisa le silence de nouveau, les poètes s’affairaient un peu partout, inspirés par la cime touffue des arbres d’où émanait un murmure étouffé. Le jeune elfe bifurqua sur la gauche, descendit une volée de marches marbrées et longea une rangée de pins couverts de rosée. A ving mètres de là, sous une coupoles de marbre rose nervurée de veines rouges assailie par le lierre, était assis Sanafîr. En face de lui se dressaitune femme. Elle avait un visage fin et élancé, ses hautes pomettes donnaient à ses yeux une formes d’amandes. Ses oreilles pâles étaient à moitié dissimulée par de longs cheveux blonds qui ondulaient jusqu’au bas de son dos.
Aliniär s’approcha à grands pas, très vite il se retrouva en compagnie des deux elfes. Ils stoppèrent net leur conversation et fixèrent Aliniär, quelque peu decontenancé par ces yeux qui semblaient le jauger, l’examiner. Un silence pesant s’installa, seulement perturbé par le piaillement de quelques oiseaux...
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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:40

Sanafîr s’approcha et d’un ton jovial lui dit :
« -voici ton nouveau professeur.
-professeur de quoi ?
-de magie... Sur ce je vous laisse étudier. »
La façon dont on lui avait apporté ceci eu l’effet d’un coup de poing sur Aliniär, la magie. Jamais il n’aurait esperer apprendre la magie. Surement son père l’avait-il étudier, mais ne lui avais rien dit. Toujours est-il qu’il se sentait heureux et étonné, un frisson d’impatince lui parcourut l’échine. Sa professeur se tourna vers lui dans un léger bruissement d’étoffe, il lui semblait qu’elle était vêtue d’eau fraiche, son vêtement glissait sur son corps comme le ruisseau sur les galets de son lit. Sa robe se striait de feu au rhytme de ses mouvements graçieux. Puis d’une voix ferme, plus ferme qu’il ne s’y attendait elle se présenta :
« -Je suis Evildà, professeur de magie de la maison Aïshen depuis plus d’un millénaire, je vais t’inculquer tout ce que tu dois savoir sur la magie. Alors commençons, pour toi, qu’est-ce la magie ?
-euuuh....La magie est le fruit de la volonté d’un être à creer ou detruire quelques chose.
-Pas tout à fait, mais tu es sur la bonne voie, tu tâcheras de réfléchir à cette question en dehors des cours. Sache juste que pour activer et maitriser les flux d’énergies il ne suffit pas de connaitre des formules et de gesticuler, non. Il faut connaitre des gestes, langages et runes pour maitriser la magie. Mais tu dois d’abord apprendre à te concentrer. Nous ne ferons rien avant que tu n’arrives pas parfaitement à vider ton esprit et à savoir te maitriser. Je vais lire dans ta conscience, je veux ne voir qu’un bout de bois, ceci te seras utile pour te protéger de tes ennemis. Aller ! Ah oui au fait, tout le long de ton apprentissage tu m’appelleras Maitre. »
Aliniär ferma ses yeux pour se concentrer le plus possible. Il sentit l’assaut psychique de Evildà et tenta de ne penser qu’à une branche morte. De toutes ses forces il se focalisa sur cette image, bientôt une goutte de sueur lui mouilla le front et un mal de crâne germa dans sa tête. Evildà gronda :
« -C’est bon, arrête. Ce n’était pas très bon mais pour un début ça allait. Tâches de fermer le reste de toi-même à ma présence, essaye de conduire mon esprit à ce bout de bois et de ne montrer que lui. On recommence »

Bien qu’à bout de souffle Aliniär aquiesca et se reconcentra, il bloqua l’accès à son intimité, à ses pensées et ne laissa à découvert que l’image d’une branche. L’assaut de Evildà reprit de plus belle. Consummant peu à peu ses forces. Le mal de crâne était devenu une atroce migraine. L’exercice continua ainsi jusqu’au midi. L’ombre fraiche des buissons protegaient les deux elfes des rayons brûlants du soleil et une ombre fraiche dansait sur eux. Evildà lui lança un petit pain envellopé dans une feuille bien verte et lui ordonna de méditer pendant quelques heures.
Après son déjeuner prit, Aliniär alla trouver un coin tranquille dans la forêt, il le trouva assez rapidement. Au bord d’un étang ombragé serpentaient sur un énorme bloc de pierres les racines souples d’un saule. Une légère brise ridait la surface limpide des flots et faisait bruire les feuilles longues de l’arbre. L’élève bondit en haut du bloc et s’assit en croisant les jambes. L’endroit était apaisant, en fermant les yeux il fut étonné d’entendre plus de choses, le pas feutré d’un animal quelconque, le clapotement de la grenouille qui plonge et bien d’autres encore. Il resta ainsi plusieurs heures, les yeux fermés, l’esprit aussi vide qu’une caverne. Il s’abandonna à cet environnement paisible, si bien qu’il ne vit point le temps passer. Il quitta à contre-coeur son promontoire pour rejoindre Evildà, celle-ci était assise sous la coupole en train de lire un parchemin. Aliniär la rejoignit et attendit patiemment qu’elle finisse sa lecture, puis enfin, avec une lenteur calculée elle réenroula le parchemin crissant et le maintint ainsi avec un petit ruban bleu. Elle lui demanda :
« -Tu as réussis à t’apaiser ?
-Oui, enfin je pense, j’ais pus entendre des choses que je pensais inaudibles et me détendre tout en pensant.
-Et as-tu penser à la question que je t’ai poser ce matin ?
-Aliniär s’empourpra violemment, comment pouvait-il avoir oublier ? Honteux il balutia : non maître...
-Alors penses y la prochaine fois. Maintenant nous allons assouplir tes doigts et tes poignets, ce sera indispensable si tu veux esperer lançer un sort correctement. Je fais un geste et tu l’imites, d’accord ?
-Oui maître »

Aussitôt elle décrivit un arc de cercle devant elle, cassa brutalement a courbe et leva son poignet, l’index et le majeur levés tandis que ses autres doigts se repliaient sur sa paume blanchâtre. Aliniär tenta tant bien que mal d’imiter l’enchainement et y parvint, maladroitement, mais il y parvint. Elle continua ainsi avec des « danses » de plus en plus complexes, a la fin de la journée Aliniär ne sentait plus sa main droite et sa gauche le tiraillait atrocement. Les rayons rougeâtres du soir illuminaient à présent les jardins. Evildà déclara l’entrainement de la journée finit et partit...

Le lendemain Aliniär retourna à son lieu d’étude, aujourd’hui l’aube était claire et pâle, sculptant de sa lueur grisâtre un bas-relief féerique sur la cime des arbres somnolents. Le dôme était, sous ces rayons blafards, d’une blancheur éclatante, ne faisant que mieux ressortir les stries rougeâtres qui y serpentaient.
Le jeune elfe remarqua que Evildà n’était pas présente, alors il se décida à méditer un peu. Il se dirigea vers un des bancs de pierres qui cerclaient l’endroit et s’installa avant de fermer les yeux. Aussitôt une certaine amertume l’assaillit, une mélancolie rageuse sûrement à son paroxysme, Aliniär fut mis mal à l’aise par cette « présence ». Il tenta bien de localiser l’origine de ce sentiment mais ne put voir qu’une boule de sauvagerie et de haine, à l’instant où il essaya de saper les défenses de la chose il ressenti une énorme force frapper son ventre, comme un coup de poing bien placé. Il releva ses paupières alourdies en gémissant, la larme à l’œil.
Evildà se tenait là, face à lui, le scrutant d’un air inquisiteur. Elle portait une robe d’un rouge pur ceinturée à la taille par une cordelette dorée terminée par deux feuilles d’émeraudes nervurées de fils argentés. Ses cheveux scintillants cascadaient sur son dos en une large tresse, elle se contenta de demander d’une voix vide d’émotion :
« -Qu’à tu vus ?
-Je ne sais pas trop, lors de ma méditation j’ai ressenti une « présence » inconnue, j’ai chercher à localiser son origine mais je n’ai rien repérer à part un concentré de puissance.
-C’est bien, tu as eux le réflexe d’abandonner, ceci aurait put te tuer, moi aussi je l’ais ressentis. A en juger par la confusion de cet esprit je pense à un loup-garou, mais rien n’est certain…
Aujourd’hui je vais t’apprendre à ne faire qu’un avec la forêt, partager ses sentiments pour mieux la comprendre. Mais je vais aussi t’apprendre à résister à ceci, les arbres sont puissants et partager l’énergie de leurs sentiments et difficile de par leur force. Tu vois ce bosquet là-bas ? Concentre toi dessus, fouille dans ses souvenirs, ressens ce qu’il ressent. »

Aliniär acquiesca et se dirigea vers le regroupement d’arbres. L’édifice naturel semblait construit autour du large tronc d’un énorme chêne à la ramure basse autour duquel s’enlaçait un prunier hérissé de feuilles grasses et vertes qui ombrageaient quelques énormes fruits pourpres. Les branches de l’arbre fruitier semblaient jaillir comme des serpents de mer d’un amas d’aubépines touffues. Une légère brise faisait frémir l’ensemble dans un chuchotement sourd. Le souffle charriait l’odeur enivrante des jeunes feuilles perlées de rosée. L’élève s’installa sur un rocher tapissé de mousse tendre, son humidité glaciale imprégna immédiatement son vêtement mais il essaya de ne pas y faire attention. Puis il se concentra, focalisant toute la force de son esprit sur le bosquet, en quête d’une parcelle de conscience, il lui semblait que l’épaisse écorce du chêne faisait office de rempart protégeant l’âme de l’arbre. Après plusieurs minutes Aliniär parvint à s’insinuer dans un esprit confus, des milliers de souvenirs s’entassaient dans un enchevêtrement noueux de flux bleuâtres. Un tourbillon d’images se logea dans la conscience d’Aliniär, il vit les saisons se succéder inlassablement. Au fur et à mesure qu’il avançait dans le temps les buissons croissaient, le prunier naissait. Puis il revit le soleil aux rayons chaleureux du printemps, les oiseaux piaillaient et voletaient, construisaient leurs nids. Après l’été arriva, Aliniär ressentit une chaleur étouffante et une immobilité pesante. Les bourrasques de l’automne le firent frémir et enfin l’hiver arriva.
Recouvrant de son blanc manteau la forêt orangée, le soleil pâlit et le palais elfique disparut sous une couche de neige immaculée. D’épais flocons choyaient à terre dans un rythme régulier, épaississant de plus en plus le masque pur dont se paraît le monde. A sa grande surprise Aliniär distingua sous la coupole une silhouette habillée d’une large cape, immobile. Sur la construction glissait les flocons comme un ruisseau dans son lit, sur les colonnes de marbre coulaient les larmes du ciel, les faisant scintiller comme des diamants sculptés par le plus habile des artisans.
Soudain sur ce magnifique tableau apparut une deuxième silhouette. Le nouveau venu parut se disputer avec l’elfe déjà présent, les deux hommes semblaient pleurer, désespérés.
L’un d’eux dégaina son sabre, bientôt imité par son adversaire. Les lames luisaient d’une lueur lugubre et froide sous les glauque rayons du soleil hivernal. Un combat âpre s’engagea, les belligérants virevoltaient, paraient, feintaient, attaquaient, comme infatigables. Les cottes de mailles se déchiraient, les cuirasses étaient éventrées et le sang coulait, maculant la neige fraîche Aucun des combattants ne semblaient faiblir, tous deux semblaient mus d’une fureur désespérée. Aliniär stoppa sa méditation et fit rapport de ce qu’il avait vu, sans omettre de demander la raison du combat auquel il avait assister. Le visage de Evildà prit une allure énigmatique et elle murmura :
« Une bien triste histoire que voilà, on dit que cela se passa il y a bien des âges. Les deux hommes que tu à vu s’appelaient Alâr et Raüd.
La légende raconte qu’ils aimaient tous deux la même femme, Pheléessa, le cœur de celle-ci balançait entre les deux soupirants sans se décider. Puis un jour il pencha pour Alâr. Raüd, jaloux, aurait jeter sa bien-aimée dans les chutes de Seleâne pour qu’elle ne puisse aimer autre que lui.
Alâr alla le trouver et ils se battirent pendant deux jours et trois nuits, au final ils moururent tous deux de leurs blessures. Bien des poèmes et des contes se sont inspirés de cette tragédie, je te trouverais des parchemins et des grimoires où sont inscrits ces écrits…Maintenant continuons ton apprentissage. »

Le cours recommença mais Aliniär n’y prêtait que guère attention, intrigué par cette histoire et la « présence ». Enfin le soleil se coucha et l’elfe se retira…
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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:41

Evildà lui avait conseillé d’aller chercher dans la grande bibliothèque la « Plainte pour Pheléessa ». Ainsi Aliniär s’était dirigé vers les long rayons poussiéreux, les lances argentées de la lune filtraient à travers les quelques vitraux qui perçaient le mur de la bibliothèque, retraçant sur le sol des formes colorées, reflets flous des fresques qui les décoraient. Aliniär se munit d’une chandelle et se dirigea vers les nombreuses alcôves qui nichaient sur la paroi ouest. Rapprochant son regard au plus près des reliures de cuir rouge, bleues ou vertes, toutes ternies par le temps. Enfin il trouva ce qu’il cherchait, un recueil des contes et poèmes sur la légende de Alâr et Raüd. Il s’empara du grimoire et repartit vers sa chambre, posa sa chandelle à la flamme vacillante sur son bureau massif et entama la lecture de l’ouvrage. Les ombres dansantes que créait la faible lueur de la chandelle laissait voguer l’imagination de Aliniär dans une mélopée chatoyante de pensées. Il lut d’abord quelques contes pour mieux connaître l’histoire, « Le chemin de Pheléessa », « les larmes de Alâr » et un petit poème qui aurait été écrit par ce dernier quelques temps avant sa mort. Enfin il trouva ce qu’il cherchait et lut à voix basse :

En des temps oubliés
En les belles terres boisées
A la frontière des flots
Au cœur des arbrisseaux

Vivaient deux soupirants
Des âmes passionnées
Pour l’éternité l’aimant
Aimant la pareille dulcinée

Ils lui ouvrirent leurs cœurs
Eternellement enflammés
Ils attendaient leur heure
Attendant l’être aimé

Leurs esprit chavirent
A la vue de sa chevelure argentée
A l’ouïe de ses cristallins soupirs
A la rencontre de ses yeux ambrés

Et vint le jour
Où le cœur aimé
Donna son amour
A Alâr, pour l’éternité

Mais dans l’ombre
Le chagrin brisa une âme
Qui dans les ténèbres sombra
Se détruit et se blâme

La haine et l’amertume
Ont détruit son esprit
Et sous le regard de la lune
Il mit à l’abris

L’être aimé de tout autre amour que le sien
Dans la fureur des flots
Alâr vola à son secours
Mais ne trouva qu’écume et eau

Et dans la froideur
Du rude et tragique hiver
Alla trouver l’assassin de son cœur
Et lui donna la mort

Au prix de sa propre vie…

Aliniär se surprit à avoir la gorge pincée par un léger malaise. Il referma le livre dans un nuage de poussière ôcre et le posa dans un coin de l’établi. Puis il alla s’accouder à la fenêtre pour admirer le ciel nocturne. Le croissant de lune était partiellement dissimulé par un amoncellement de nuages cotonneux à travers lesquels les pâles rayons lunaires se frayaient un chemin et blanchissaient la canopée, puis ces nuages allaient ensuite se perdre sur le fond noirâtre de la voûte céleste. Au firmament luisaient des centaines d’étoiles, se reflétant dans les lacs plats et dansant sur les flots agités des rivière au chant mélancolique. Ce paysage rappelait étrangement à l’elfe le moment où Phéléessa mourait, engloutie par la fureur des chutes Séléâne. Puis le frottement d’un battement d’aile attira son regard sur sa droite. Il vit une vingtaines d’oiseaux d’un noir de jais fuser au dessus de la cime frémissante des arbres avant d’aller tourbilloner au ras du sol autour d’un halo de lumière blanche. Aliniär plissa ses paupières et vit au centre de ce halo Evildà, assise en tailleur. Sur un arbuste face à elle se posèrent les volatiles qui la fixaient intensément. Ils semblaient parler avec elle. Puis ils s’en allèrent rapidement pour disparaître au loin, ne laissant pour seul témoin de leur passage les branches de l’arbuste se balancer doucement. Le halo lumineux autour d’Evildà s’estompa et elle partit elle aussi. L’obscurité retomba sur le lieu et Aliniär, se questionnant mentalement repartit vers son lit, songeur. Il s’allongea sur les couvertures moelleuses sans même enlever ses vêtements ou se draper de l’étoffe soyeuse. SA curiosité l’empêcha de dormir un bon moment, seul avec ses questions, à regarder le plafond sans même le voir.
Puis il s’endormit, épuisé…


Le lendemain Aliniär avala un petit-déjeuner frugal avant de retourner à la coupole. Evildà était là, contrairement à l’autre jour. Ce matin elle portait une robe verte serrée à la taille par la même cordelette qu’hier. Quand son élève arriva elle le regarda d’un air impassible et lui dit d’une voix sèche :
« -Qu’as tu compris hier soir ?
Aliniär s’empourpra rapidement, abasourdi qu’elle ait put sentir son regard. Il tenta bien de mentir mais elle réitéra sa question. Finalement il se rendit et bafouilla,
-Je pense…que.. que vous « parliez » avec ces oiseaux, je ne sais comment mais vous aviez l’air de…. De parler.
-C’est bien, je vois qu’une logique ridicule ne t’empêche pas de considérer les animaux comme intelligents, en effet je leur parlais, je t’apprendrais comment plus tard. Nous allons te réentrainer à te défendre contre un esprit intrus… »
Et sans prévenir elle attaqua, l’elfe construisit rapidement une solide protection, ne laissant apparaître que l’image d’un galet luisant. Il sentit qu’Evildà tentait de saper ses défenses mais il tint bon, prenant bien soin de fermer son esprit. Malgré ceci la magicienne arriva à détruire l’image de son galet, elle s’arrêta.
«-C’est bien. Tu t’améliores, à partir de maintenant je pourrais attaquer ton esprit n’importe quand, sans prévenir, en dehors de tes méditations bien sûr. Enfin lors de ces dernières je te demanderais de communier avec les arbres qui t’entourent et chercher à parler avec les animaux. Tu n’y arriveras peut-être pas mais il le faut.
-Oui maître, répondit Aliniär avec un hochement de tête discret.
Evildà tourna la tête vers le lever du soleil, elle semblait apprécier ce moment de sérénité. Les rayons tièdes et dorées qui suivent l’aube jaunissaient son visage, creusaient ses pommettes, faisait étinceler ses yeux verts et illuminaient sa chevelure blonde qui resplendissaient sous leur effet. Elle resta comme ceci un moment, ignorant son élève comme elle l’aurait fait avec un cailloux effrité. Puis elle le questionna à voix basse :
« -Tu vois cette arbre courbé là bas ?
En effet Aliniär vit un petit arbre racorni, le tronc grisâtre et les branches sèches qui gémissait sous le vent frais
-Oui maître, je le vois.
-Peux-tu me dire ce qu’il ressent ?
Bien qu’il ne comprit pas où elle voulait en venir mais il s’exécuta et entra dans la conscience du végétal. Aussitôt il ressentit la souffrance et l’agonie. Son souffle devint sifflant et de nombreuses courbatures l’élancèrent, il s’arrêta avant de dire entre deux expirations bruyantes,
-Il souffre.
-Exactement, toi aussi tu a souffert en communiant avec lui, mais tu apprendras peu à peu à ne pas partager les sensations mais juste les sentir, les comprendre. Mais je ne veux pas en venir là, je souhaites que tu lui donne une partie de ta propre énergie.
-Mais je croyais que pour lancer des sorts il fall…
-Ce n’est pas un sort, tu fait juste un échange, ou plutôt un don, de ton énergie, en aucun cas tu ne lances de sort. Vas-y. »

Aliniär obéis et entra en communion avec l’esprit de l’arbre agonisant. Il prit bien soin de caparaçonné sa conscience puis essaya de transférer son énergie. Au début il échoua puis après il sentit qu’il se « vidait ». Il sentit l’arbre apaisé et soulagé. Il se risqua à ouvrir les yeux et vit le bénéficiaire de son énergie se redresser peu à peu, son tronc arrêter de se dessécher doucement, et il fut d’autant plus surpris que même les yeux ouverts ils restaient en contact avec le végétal.
Quand il se sentit fatigué il rompit le flux. Evildà parut satisfaite et déclara :
« -C’est ma foi concluant, cet arbre est revigoré.
-Mais, ses feuilles n’ont pas pousser et ses branches ne se sont point déployées totalement.
-Même avec de l’énergie, un arbre ne pousse pas à grande vitesse. Mais on peut accélérer sa croissance avec la magie. A ton avis que te faudras-t’il ?
-Il faut que je trace des runes, connaisse un geste spécifique et prononce une formule.
-Exactement, pour tes débuts nous allons tracer les runes autour de toi et non sur toi. Pour le geste il te suffit de connaître les quatre mouvements magiques.
Il n’y a qu’en faite quatre types de gestes, il y a deux grands types de sorts : les sorts défensifs, bénéfiques comme soigner quelqu’un, tu as besoin de donner de l’énergie à son bénéficiaire pour que la magie opère, sauf s’il en a assez. Il y a aussi les sorts offensifs faits pour détruire ou rendre inquiet par exemple. Pour chacune de ces catégories il y a deux grands gestes. Un pour les sorts de plus forte intensité et un pour les sorts mineurs, comme faire pousser un arbre ou recoudre un tissu. Ensuite pour rendre le sort actif il faut dire ce que l’on souhaite faire, si par exemple tu veux casser une roche tu diras « brise-toi ! ». Les mots ont une certaine puissance grâce aux rune que tu auras tracer. Mais il faut connaître langage spécifique, le langage Exornien. C’est une langue sacrée qui nous à été donnée par Azor, avant nous invoquions les esprits de la nature, les mages s’appelaient alors des druides. C’est eux qui ont créé Azor.
Pour faire pousser cette arbre il faut que tu traces les runes qui donnent leur puissance aux mots de l’Exornien. Il n’y a que deux types de runes, celles à décrire sur le magicien même, ainsi il peut user de magie n’importe quand et les runes que l’on dessine autour de soi, ceux sont celles que tu utiliseras pour le moment. Prend ce modèle et cette craie puis recopie le au sol.
Evildà lui tendit un parchemin jauni où s’enlaçaient des courbes gracieuses qui décrivaient un espèce de cercle. Aliniär le prit et dessina avec la plus grande exactitude possible le motif sur les pierres lisses. Une fois la tâche accomplie il mit le parchemin de côté et mémorisa le geste que lui apprenait Evildà. Il les imita plusieurs fois avant d’y parvenir. Puis il se plaça au centre de son cercle. Evildà lui récita les mots à prononcer et il commença le sort. Pendant qu’il décrivait le geste des sorts mineurs défensif il articula « Evêniör ! » Et il pointa ses doigts sur l’arbre.
Un éclair bleuâtre en jaillit et alla s’écraser sur le tronc de la cible. Plusieurs entrelacs transparents serpentèrent autour des branches, s’imisçèrent dans la moindre faille de l’écorce et en quelques secondes des feuilles drapèrent la ramure nue et les branches si petites croissèrent pour bientôt donner un enchevêtrement impressionnant couvert de feuilles d’un vert chatoyant…
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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:42

Après ceci Aliniär était en sueur, essoufflé. Lancer ce sort lui avait demander une quantité d’énergie considérable, mais l’arbre était entièrement épanouie, ces grandes feuilles ombrageaient généreusement son pourtour. Après une brève incursion dans la conscience de l’arbre, qui s’avérait être un érable, il sentit un immense soulagement et même une certaine joie. Un arbre joyeux, si on lui avait dit qu’un arbre avait des sentiments et non que des sensations avant cela Aliniär aurait hurler de rire, mais il avait à présent la vérité en face de lui. Evildà paraissait satisfaite, un fin sourire s’esquissait sur son visage et elle reprit la parole :
« Bien, maintenant va méditer, tu es épuisés. Rappelle toi bien d’aller au cœur des choses, parle avec les animaux…
-Oui maître. »

Et sur ces mots il retourna à son rocher. Il était bientôt midi et la chaleur du soleil enveloppait la forêt, faisant fuir la limpide rosée des feuilles. Ainsi une brume fine s’installait au pied des arbres, courant entre les troncs dans des courbes paresseuses. Serpentant autour des branches basses et embrassant les amas rocheux qui étaient parsemés autour de l’étang. Aliniär ferma les yeux et partit à la recherche des âmes vacantes des chênes, des saules, des ormes et des hêtres. Un flot d’images et de sentiments le parcourut. Il tenta de repousser les sensations et se contenta de les savoir existantes. Puis il coupa le lien et vit un renard gambader sur la petite plage tapissée de lichen.
Il s’avéra qu’il était difficile de rentrer en contact avec l’animal mais Aliniär y parvint, la conscience de la bête rousse semblait plus maîtrisée que celle des végétaux. Plus tenues. Ils entamèrent une espèce de dialogue hésitant et peu compréhensible. Il partit de l’endroit en marchant paisiblement. Des langues de brumes d’un blanc doré par le soleil léchait ses mollets et les enserraient dans une douce fraîcheur. L’elfe avala une miche de pain durant le trajet et rejoignit la coupole. D’ici la forêt semblait être une palissade en ruine dont s’échappaient des défenseurs silencieux, scintillants de milles éclats sous les rayons vivaces de l’astre solaire. Evildà revint sous peu, un large grimoire entre ses doigts fins. Du livre s’échappaient à moitié des centaines de feuilles couvertes d’inscrïptions gracieuses. Sur sa couverture de cuir rouge un arbre de fil d’or étincelait. Et autour de son feuillage touffu était écrit en peinture d’un bleu vif « Sorts mineurs de défense ».
La femme tendit l’ouvrage à son élève qui se contenta de le laisser posé sur ses mains, elle lui dit sèchement :
« -C’est avec ce recueil que nous étudierons en premier lieu, tu y trouveras tous les sorts mineurs bénéfiques répertoriés, toutes les combinaisons de mots possibles. Respecte ces pages, ce sont les témoins de plusieurs millénaires d’étude, je ne te pardonnerais pas si il t’arrive de l’abîmer. Nous allons lançer plusieurs sorts cet après-midi. Es-tu prêts ?
-Oui mais je serais extenué à la première formule, comment vais-je faire maître ?
-C’est là que l’art des druides se mêle au nôtre. Tu invoqueras les esprit qui te donneront la force nécessaire à tous les exécuter, il n’y a pas plus simple. Il suffit de dessiner une courbe dans ton cercle runique. Signe d’équilibre. Puis tu ajoutes un certain suffixe à ta formule, il en existe plusieurs milliers, certains sont plus puissants que d’autres, d’autre ne peuvent faire qu’une tâche. Comme l’esprit père, qui accélère la croissance. Pour le moment nous nous contenterons d’appeler l’esprit de l’air, il peut te faire accomplir nombre de choses. Il te suffira d’ajouter derrière ta formule le mot « Saanënfiâ » qui signifie « esprit de l’air ». Choisi un sort. »

Aliniär choisit finalement petit sort de protection assez faible. Il retourna au sein de son cercle et traça la courbe nécessaire à l’invocation d’esprits et tonna la formule, tout en prenant bien soin de faire le geste approprié «Erlös nè kiên Saanënfiâ ! »puis comme la première fois il pointa ses doigts vers la cible choisie, en l’occurrence un petit arbuste. Des éclairs tout aussi bleuâtre que les derniers en surgirent et allèrent s’écraser sur la cible, ou plutôt, devant la cible. Ils s’agitèrent autour d’une sphère invisible un bref instant puis se désagrègèrent dans des fumerolles d’un vert vif. Le petit buisson était intact et immobile. Evildà ordonna à Aliniär de contacter l’arbre, il sentit comme une porte s’ouvrir au passage de son esprit et il arriva à communier avec l’arbre sans problème.
« Qu’as tu sentis ?
-Comme si une protection s’abaissait en me reconnaissant.
-C’est bien, ceci veut dire que le sort est actif et qu’il te reconnaît en tant que lanceur, bravo ! Si je souhaitait communiquer avec l’arbre il me faudrait forcer ta protection. Maintenant prend un cailloux et jète le sur cet arbuste. »

L’elfe scruta le sol et vit une petite pierre profondément lovée dans une touffe d’herbe humide. Il l’extirpa de sa gaine végétale et l’envoya sur la cible. La pierre fila dans l’air en sifflant et fut stoppé à environ cinquante centimètres du tronc noueux. Là où le cailloux avait frapper avait jaillit une multitude de petits éclairs qui avaient courut autour de cette fameuse sphère invisible. Puis le projectile était retomber au sol dans un tourbillon de fumée blanche. Aliniär était époustouflé de sa propre performance et surtout par le fait que le sort ne lui avait demander aucune énergie.
« -Grâce à l’esprit tu n’as pas eux à dépenser de forces. En l’invoquant tu as servis de relais à son énergie, tu as comme matérialisés, canalisés sa puissance, maintenant étudions en d’autres »

Et Aliniär fut occupé à faire œuvre de magie tout l’après midi durant, il soigna un oiseau blessé, ressouda une branche pendante à un bouleau, protégea un coffre rempli de babioles et apaisa un écureuil agité. Malgré l’aide de Saanënfiâ il était fourbu et en sueur. Au coucher du soleil le jeune elfe retourna en direction du palais blanc, rendu rougeâtre par les rayons écarlates du soir. Une multitudes de lambeaux orangés striaient le ciel crépusculaire aux couleurs si attrayantes. Il n’y avait plus aucun souffle de vent sur les terres de Sempir, ainsi le murmure si singulier des arbres balancés par le vent et le claquement des oriflammes bleus-verts sous l’effet de quelconques bourrasques avaient disparues, laissant autour de l’imposant édifice un silence oppressant, palpable.

L’entraînement de Aliniär dura ainsi longtemps, cela faisait à présent quinze années que le prince étudiait auprès d’Evildà. Il connaissait bien des choses, il ressentait chaque émotion de la forêt, parlait avec une multitude d’animaux qui lui rendaient maints services. Ses méditations étaient devenues de plus en plus apaisantes, au fil du temps il ressentait plutôt un état de transe silencieuse. Dans son esprit il emmagasinait plusieurs centaines de formules et d’esprits.
Ce jour-là il marchait tranquillement le long d’une allée bordée de pins bas et large. Leurs aiguilles grasses exhalaient des senteurs ambrées aux relents enivrants. L’ombre qu’elles procuraient peignaient sur les graviers blancs un ballets mouvant d’ombres aux contours brisés qui côtoyaient l’étoffe jaune vif dont le sol se drape sous la lumière du soleil d’été. Aliniär bifurqua entre deux troncs noueux et fila droit sur la coupole. Entre deux colonnes parcourues de glycine fleurie se dressait Evildà. Elle se dirigea vers lui d’un pas vif. Sa robe rouge voletait autour d’elle, créant de bref et faibles courant d’airs qui se dispersaient dans la chaleur oppressante du jour. La femme fit signe à son élève de le suivre.
Celle-ci contourna un parterre de fleurs bleues puis partit à grandes enjambées vers les falaises massives qui soutenaient le palais. Sur ces dernières serpentaient un enchevêtrement touffu de lierre sombre. Evildà en écarta un pan et ordonna à Aliniär de s’engouffrer dans un boyaux empli de ténèbres. Une fois qu’il fut enfoncé dans le couloir granitique son maître repartit devant, apparemment elle devait connaître par cœur l’endroit car elle ne se cogna pas une fois contre une des parois humides qui les entouraient au contraire de Aliniär qui jura plusieurs fois en tapant son nez contre un bloc de roche invisible. Enfin ils débouchèrent dans une petite pièce aux murs grossièrement taillés aux affleurements illuminés d’une lueur verdâtre qui émanait de runes complexes aux courbes gracieuses qui s’enlaçaient et se divisaient dans une mystérieuse danse figée. Evildà posa la main sur l’une et psalmodia quelques paroles inaudibles. Une large superficie de roche vibra et glissa vers le haut dans un crissement sinistre. De l’ouverture ainsi formée jaillit la lumière rougeâtre de torche apparemment intactes. En dessous de chacune d’elles se tenaient des elfes tout habillés de bures d’un blanc immaculé, leurs visages dissimulés par un noir de suie…
L’élève frémit à la vue de ces personnages inquiétants, ils continuèrent de marcher jusqu’au bout du couloir pour se retrouver face à un autel de basalte sur lequel se découpait un étrange bas-relief. Au centre se tenait à genoux un elfe entouré d’un halo de lumière figé. Autour de celui-ci semblait s’affairer des dizaines de silhouettes encapuchonnées. Sur un petit coussin rouge était posée une immense plume d’écriture. Sa pointe blanche comme l’ivoire luisait à la lueur de quelques chandelles brunâtres aux abords de l’objet. Evildà s’en empara, la fameuse plume ondula brièvement dans un éclatant mouvement d’ombres et de lumières. Puis Aliniär sentit qu’on écrivait sur son dos, ou plutôt qu’on traçait des signes alors inconnus de l’elfe. Une fois la tâche finie un des gardes de l’endroit enchanta le tout en un seul mot.
Puis son maître se mit à lui parler :
« -Tu as achevés ta formation. Enfin, tu connais le stricte nécessaire à un bon seigneur car pour connaître parfaitement la magie il faudrait que tu étudie auprès de moi encore bien des siècles. A présent tu es porteur des runes qui te permettent d’user de magie quand cela te semblera bon. Elles resteront sur toi éternellement.
Mais il te reste une dernière épreuve…Tu te rappelles cette présence que nous avons ressenti ?
-Oui maître.
-Je t’ais dis que c’était un loup-garou, et c’était bien le cas. A l’aide des hommes présents ici je l’ais capturer et obligé à conserver sa forme bestiale avant de l’emprisonner dans un champ magique. Aujourd’hui tu devras le battre dans un duel à mort pour confirmer l’achèvement de ton apprentissage. Va ! Et tâche de vaincre… »

La fin de sa tirade fut suivie d’un bref silence rompu par le claquement des bottes d’Aliniär sur la pierre froide. Lors de ce combat il n’y aurait ni épée ni lance, seulement de la magie.
On ouvrit à ce dernier une large grille de fer dont les barreaux brunis par la rouille prenaient la forme de serpents ondulants. Une fois la passage dépassé l’elfe entendit la lourde herse frapper le sol dans un grondements caverneux, faisant écho dans le souterrain un long moment.

Le prince avait été projeté dans une salle emplie de pénombre. Où il jetait son regard il ne rencontrait que des ténèbres profondes et effrayantes. Le rougeoiement des bois incandescents derrière la herse traçait sur le sol une forme écarlate et vacillante dont les langues lumineuses embrasaient quelques flaques stagnantes au fond de fissure et de creux béants. Aliniär marmonna un sort de vision tout en décrivant l’arc de cercle habituel qui accompagnait nombre de ses sorts. Aussitôt vint à son esprit une image argentée des lieux. Les arêtes de piliers poreux se découpaient sur les hautes murailles d’une salle rectangulaire. Au creux d’une ouverture dans la roche massive Aliniär détecta une forme irrégulière qui se mouvait au rythme régulier d’un souffle comme arraché d’entrailles douloureuses…

L’elfe murmura un sort de protection, il sentit une puissante énergie l’envahir qui le fit frissonner. Puis il lança un sort de glaciation sur la bête. Un tourbillon de cristaux de glace sortis de nulle part filèrent sur la créature. La chose balaya les projectiles et bondit vers Aliniär. Ce dernier dressa un mur de flamme autour de son adversaire qui le traversa sans mal, le pelage fumant, ce qui ne parut pas gênant pour le loup-garou. Puis il chargea le prince. Sa tête était hideuse, son museau effilé et crasseux suintait de l’écume jaunâtre qui coulait à foison de sa gueule béante. Des arcades broussailleuses surplombaient ses yeux d’un blanc laiteux seulement altéré par des veines écarlate qui semblaient être les seuls liens entre les sphères répugnantes et ce corps poilu. Arrivé à environ deux mètres de l’elfe la créature sauta pour écraser ses griffes ensanglantées sur la protection de Aliniär. Le sort fut juste assez puissant pour parer au choc. Le prince fit un pas de côté et hurla « Phirâm ozärniis », de ses doigts jaillirent des rayons pourpres qui serpentèrent sur les énormes touffes de poil de son ennemi qui aussitôt se roula au sol en glapissant. Un sort simple mais terrible contre les animaux qui consistait à faire apparaître d’énormes puces dans le pelage de la cible.
Ainsi l’animal affaibli Aliniär en profita pour enchaîner par des liens invisibles la bête. Sur ce il tenta de briser la nuque de son adversaire. Mais le loup-garou devait être de forte constitution et rien n’y fit. Ses os résistèrent sans ciller. Bien au contraire le sort parut rendre plus vigoureux le demi-loup qui se défit de ses entraves et repartit de plus belle sur l’elfe. Celui-ci psalmodia, impassible, « Kirisk vaniör ellsiun Juster ! ». De la voûte noirâtre surgit une multitude d’éclairs bleuâtres qui dans un ballet surnaturel convergèrent sur le loup. La créature hurla à la mort, ses touffes emmêlées dressées et ondulantes. Ce cri devint un gémissement plaintif puis un faible halètement. Le monstre tomba au sol dans un bruit mat, de son corps calciné émanaient des fumerolles d’un gris profond. A la grande surprise de Aliniär la bête sauvage ressemblait à présent plus à un humain. Ses bras velus et striés d’estafilades rougeâtres se terminaient en de long doigts bronzés d’artisan. Ses yeux écarquillés étaient maintenant pourvus en leur centre de pupilles brunes et scintillantes. Le prince s’approcha de sa victime, étonné, il n’avait jamais essayé mais pourtant il était tenté. Attiré par ce cadavre brûlé. Lire dans les souvenirs d’un mort. Cela paraissait impossible et pourtant. L’apprenti magicien posa sa main tremblante sur le front de l’homme et un flot de pensées déjà ternies par la mort l’assaillit, l’emprisonna…
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MessageSujet: Re: Aliniär   Dim 4 Juin - 16:43

Un bel endroit pour être maudit.....
Depuis ce jour, ce jour funeste où sa vie avait basculer, où tout ce qu’il croyait impossible l’avait rattrapé, rattrapé par les légendes et les contes. Comme happé dans un flot de ténèbres dont il ne pouvait sortir, maudit jusqu’à sa mort, si elle arrivait un jour. Il se rappelait de ce pari idiot qui l’avait détruit.
C’était un beau jour d’été, les rayons dorés du soleil frappaient le village de Brenford de leur douce chaleur. Une petite brise charriait les odeurs de pinèdes de la forêt et les senteurs ambrées des fruits pourpres des buissons. Le ciel d’un bleu éclatant était parfois strié des lambeaux couleur de neige ou bien de vols d'oiseaux piaillant allègrement. Dans les rues couraient de nombreux marchands pressés, ou des femmes poursuivant leurs enfants agités.
Au milieu de cette cohue marchait Maurice Hybrasil, fils de Marcel le forgeron. Après avoir aidé son père à la forge il s’était pressé vers la taverne. Il bifurqua sur la gauche, dans une étroite ruelle où s’entassait d’énormes tas d’immondices, il enjamba un sac exhalant une odeur d ‘excrément et déboucha sur une autre rue. En face la facade rabougri de la taverne de l'écureuil du diable croulait sous un deuxième étage en ruine.
Il trotinna un bref instant et poussa le lourd battant de l’enseigne. La pièce principale était basse de plafond, il n’était pas rare qu’un homme saoul se cogne sur les poutres noueuses sur lesquelles étaient enchainées d’énorme lanternes. Sur tout le périmètre de l’endroit étaient diposées des tables massives jonchées de pichets cassés et de restes de repas. Au fond, creusé dans l’épais mur de pierre, l’âtre réchauffait toute l'assemblée, rougissant le sol de sa lueur écarlate. Sur la droite la paroi était longée d’un comptoir de chêne où l'on pouvait distinguer un bas relief élimé, représentant des cerfs poursuivis par des chiens, des chopes de bière vides et bien d’autres choses. Derrière ce fameux comptoir un homme potelé passait son temps à laver des verres, des écuelles et des chopes tout en blaguant avec la multitude de villageois accoudés au bar . Maurice balaya du regard tout ce qui l’entourait et vit, dans un recoin sombre ses amis autour d’une table brune. Le garçon se dirigea vers eux, à peine avait-il fini le cour trajet que ses chausses étaient toutes mouillées par l’eau saumâtre qui stagnait sur le sol de pierres irrégulières et effritées.

Aujourd’hui son père lui avait laissé la journée et le jeune homme comptait bien en profiter. D’un geste ample du bras il intima au tavernier de venir. Le gros moustachu s’approcha en riant et beugla :
« -Et qu’est qu’y veulent ces ptit’ gars ?
-De la bière pardi ! Repondirent-ils en choeur
-Bien bien mes ptit’ messieurs, sa vient. GERTRUDE ! Cinq bières pour ces ptit’ messieurs ! »

Aussitôt une vieille femme s’approcha avec un plateau vacillant couvert de chopes, écuelles et alourdi par un monceau saletés. Elle prit un chiffon et nettoya illusoirement la table avant de poser cinq chopes débordantes. Solmyr lui donna quelques pièces de cuivre et empoigna son récipient pour boire une large gorgée.
Et ainsi tout l’après-midi ils burent à plus soif, hurlants de rires à l’ouïe de blagues salaces et de mauvais calembourgs. Ils dansèrent, chantèrent tous plus mal que les autres jusqu’à ce que le soleil débute sa course finale. Tapissant le monde de sa lumière cramoisie. Quelques rayons rougeâtres arrivaient à se frayer un chemin à travers les petites fenêtres du batiment pour s’estomper parmis les flots de boisson qui ruisselaient sur le sols, les tables et les barbes. Maurice était si saoul qu’il se hissa sur la table et, vacillant, se mit à boire sans prendre garde aux innombrables gouttes qui cascadaient autour de sa bouche et allaient maculer sa chemise couleur crème. Et mugis qu’il voulait une autre bière :
« -TAVERNIER ! *hip * Une aut’ *rooot * siouplé !* hip*
-Mais t’as vidés toute ta bours’ jeunot, tu veux que j’te serv’ gratis ? Va t’gratter !
-*hiiip* D’accord, je voieeuuuuh *hip * je vous paris , il désigna du doigt la multitude de clients, tremblotant, j’vous paris que j’me balade une heure dans la forêt et qu’je *hip * r’viens
-Mais c’est la pleine lune, et tu sais ce qu’on dit de s’bois, vaut mieux pô qu’t-y aille, on en dit qu'y a des drôles de zozo aux ouailles acérées et qu'on y hume le fumet sec fouettant de gros loups-hommes
-M’en *root* fouueuuuuh ! »

Sur ce il se traina jusqu’au bord de table et s'affaissa au sol dans un bruit de vêtements déchirés. Puis il tituba jusqu’à l’entrée en donnant un coup de chope aux seuls imprudents qui voulaient l’empêcher d’aller dans le bois tout en remerciant d'un sourire niais ceux qui l’acclamaient, dévoilant une dentition jaunâtre ou bien noire par endroit...

La nuit était claire et froide. De loin la forêt semblait une immense bête tapie dans l’ombre, frémissante sous la morsure glacée du vent nocturne. Une épaisse enveloppe de fumée semblable à du coton effiloché masquait le ciel étoilé.
Maurice s’aventura en dehors du village, il lui fut facile de passer la garde du portier saoulé qui devait, théoriquement, surveiller la porte frêle de la palissade. L’homme ne fit que pousser un grognement au passage de Maurice avant de se retourner sur sa chaise dans une danse nonchalante de bourrelés et chemise tachetée de vin séché.
Le jeune homme se mit à gravir la colline qui soutenait le bois touffu, il se frotta à plusieurs reprises à des amas d’orties et de ronces, couvrant sporadiquement le silence pesant qui régnait par une flopée de jurons caverneux. Enfin il atteignit la lisière de la forêt, mes troncs épais et droits qui le toisaient de leurs nobles statures formaient devant lui comme la première ligne d’un régiment de géants impassibles.
La vue des tentacules ténébreux qui sinuaient entre les arbres évapora quelques instants l’état second dans lequel était Maurice. Ce dernier se ravisa bien vite et s’engouffra dans la forêt, manquant de trébucher à maintes reprises sur une racine affleurante ou un rocher glissant.
Enfin il arriva à une rivière agitée. Les rayons blafards de la lune se reflétait sur les innombrables replis qui ridaient les flots, donnant l’effet d’un immense serpent aux écailles argentées qui se mouvait dans le lit des flots. Maurice chercha des yeux un passage facile en vain. Alors il délassa ses chausses et se jeta dans la rivière. La froidure du cours d’eau mordait ses jambes aussi bien qu’une dague aiguisée l’aurait fait. Le grondement incessant qui l’entourait déboussolait ses sens plus sûrement que l’alcool qui l’imbibait.

Il était au milieu du trajet à peu près, frissonnant et claquant des dents quand il distingua sur la rive opposée une silhouette large et imposante où brillaient deux yeux d’un jaune ambré. Cette vision le paralysa littéralement. La chose mit une patte dans l’eau en grognant pour la retirer aussi tôt dans une succession de glapissements pitoyables. Maurice ne put s’empêcher de hurler de rire et telle fut son erreur.
La bête entra comme dans une rage folle et n’hésita plus une seconde à se jeter dans le liquide mordant. Le garçon recula instinctivement la bouche béante et les yeux exorbités. Le monstre continuait à avancer, maintenant on pouvait voir une dentition irrégulière mais foisonnante dans la bouche triangulaire du prédateur. De cette gueule s’échappait une écume poisseuse et cramoisie, sûrement à cause de sang.
Celui-ci se ramassa sur lui-même et bondit de presque quatre mètres, quoi qu’il en soit cela lui suffit à atteindre sa proie. Il décrivit un arc de cercle d’une de ses pattes imposantes qui manqua de peu le visage étiré de peur de Maurice. Le loup-garou enchaîna d’une morsure qui écorcha gravement le bras de l’humain. Le choc le fit vaciller puis finalement s’écrouler dans le courant qui l’emporta au loin, ayant pour seul témoin les ramures séculaires des arbres et le loup hurlant à la mort.

Là les souvenirs s’estompèrent un instant pour reprendre dans un tourbillon de haine et de désespoir qui dura longtemps jusqu’à la capture puis au duel, Aliniär se vit lui-même en train de lancer ses sorts et sentit la rage qui habitait son ancien adversaire.
L’elfe s’arrêta là, la larme à l’œil, il avait tuer un homme qui ne contrôlait plus sa destinée. Qui n’aspirait qu’à ce qu’on le laisse tranquille, un innocent détruit par le destin.
Jamais Aliniär n’avait tuer autre chose qu’un orque et sans aucun regret. Il n’avait jamais ressenti cela après avoir donner la mort...

Il essuya ses yeux et mit le corps sur son dos pour repartir à la salle de l’autel....
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